« BlacKkKlansman », le racisme hier et surtout aujourd’hui

Chronique un peu tardive du dernier Spike Lee: une comédie policière drôle et indignée comme il faut!

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2États-Unis, Colorado Springs, 1978. Ron Stallworth devient le premier policier afro-américain de la ville. Confiné à des tâches inintéressantes, il s’«infiltre» presque par erreur dans la branche locale du Ku Klux Klan en échangeant par téléphone avec un membre. Il sera couvert, par la suite, pour les rencontres physiques par son collègue blanc, mais juif, Flip Zimmerman. L’équipe va donc tenter de saboter le KKK de l’intérieur.

1Jetez-moi des cailloux, mais je ne connais pas bien (même pas du tout) la filmographie de Spike Lee, car «BlacKkKlansman» est le premier film du réalisateur que je vois. Ce n’est pas que les thématiques qu’il aborde ne m’intéressent pas, au contraire, mais c’est plutôt l’aura sulfureuse et pas très nuancée du réalisateur qui m’effrayait. Donc, c’est avec un œil vierge que j’ai abordé ce film!

Il faut avouer que «BlacKkKlansman» flatte tout de suite l’œil et il est vrai que les reconstitutions cinématographiques des années 1970 sont toujours assez chatoyantes et jolies à regarder entre les fringues colorées et les coupes afro. Mais en plus d’être beau, ce film est divertissant, intelligent et pédagogique!

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Car, au travers d’une enquête policière aux accents comiques tant l’infiltration du Ku Klux Klan par un Noir est cocasse, Spike Lee nous rappelle que, malgré les 40 ans qui nous séparent des aventures de Ron Stallworth, presque rien n’a changé. Entre les bavures policières et les suprémacistes blancs qui défilent encore à visage découvert dans les rues, on a l’impression que les États-Unis sont restés coincés dans les années 1970. Il est inutile de préciser que le fantôme d’un certain Donald T. flotte sur le film. 

On pourrait reprocher aux membres du Ku Klux Klan dépeints dans le film d’être grossiers, caricaturaux. Mais, comme vous le savez peut-être déjà, le film se conclue sur des images des événements de Charlottesville (d’ailleurs, attention les images sont très violentes) où un militant suprémaciste blanc a foncé sur la foule en voiture tuant une jeune femme. Et sachant que des membres de la sphère d’extrême-droite ont ensuite largement vomi sur la mémoire de cette jeune femme via des articles diffamants, on se dit que les crétins mis en scène par Spike Lee ne sont pas si caricaturaux que ça.

Le test Bechdel:

Le film passe le test de justesse, même s’il met en valeur Patrice une militante black power et afroféministe.

En résumé, si Spike Lee n’est pas le roi de la subtilité, «BlacKkKlansman» est une excellente façon pour le réalisateur de crier son indignation, qu’il transmet aisément aux spectateurs.

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3 réflexions sur “« BlacKkKlansman », le racisme hier et surtout aujourd’hui

  1. Comme toi c’était une grande première pour moi avec ce réalisateur
    Et j’ai plutôt bien adhéré à ce film même si le style m’a plutôt surpris au début
    J’ai fais une chronique sur mon blog dessus où je partage ton liens
    Bonne journée

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