Regarder la série « Skins » à presque 30 ans

Peut-on apprécier la série «Skins» à quasiment 30 ans ou doit-on la réserver à ceux qui sont encore ados?

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En flânant sur Netflix pour perdre du temps que tu n’as pas, parfois, tu as des idées saugrenues comme regarder une série pour ados, alors que tu approches de la trentaine. En plus, une série avec des ados qui ne semblent avoir qu’à l’esprit le sexe et la défonce…On ne sait jamais, sur un malentendu, ça pourrait marcher. Et bien, c’est ce qui est arrivé, malgré une tendance à l’outrance des créateurs Jamie Brittain et Bryan Elsley .

«Skins» (dans sa version originale, donc britannique) comporte 7 saisons. Elle raconte la vie de trois générations d’ados (17-18 ans).  Dans la série, chaque épisode se concentre sur un personnage, puis la saison se conclut par un épisode qui concerne tout le groupe. C’est un procédé narratif intéressant, car il permet d’approfondir chaque personnage et d’attacher le spectateur à des personnalités pas toujours faciles, mais dont on comprend les émois en se plongeant dans leur intimité. La saison finale consacre, elle, 6 épisodes à 3 personnages issus des générations 1 et 2.

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La série a aussi la particularité de prendre des acteurs très proches de l’âge des personnages, en évitant de nous montrer des trentenaires ridiculement déguisés en ados, comme c’est parfois le cas. Par contre, acteurs débutants oblige, le niveau est parfois inégal. Toutefois, certains, très talentueux, ont depuis le temps fait leur preuve, comme notamment Dev Patel («Slumdog Milionaire»). A noter que la représentation des genres échappe pas mal aux stéréotypes dans cette série.

Mais qu’ai-je trouvé de particulièrement fascinant à cette série? Et bien, sa navigation permanente entre une exagération crasse -des tonnes de fêtes, de drogues et des parents qui, au mieux, ne servent à rien, au pire, qui sont toxiques- et un traitement parfois fin et osé de certaines problématiques –religion, homosexualité, deuil, dépression, anorexie, problèmes familiaux– où les créateurs se permettent un réalisme et une noirceur rarement vus dans une série pour ados. Certains épisodes sont des petits bijoux et sont extrêmement touchants.

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Cependant, la qualité des générations est inégale. J’ai eu un grand plaisir à regarder la première génération et apprécié la deuxième. Par contre, j’ai trouvé la troisième génération particulièrement irritante et inintéressante, malgré quelques personnages attachants. De plus, les parents des ados deviennent tellement absents au fil des saisons que cela en devient une facilité scénaristique. C’est presque une série que l’on pourrait déguster par épisode, en évitant soigneusement les épisodes où les créateurs nous mettent du sexe et de la drogue jusqu’à l’écœurement (probablement pour captiver le jeune public avec un peu de souffre…).

Donc, si vous avez envie de rencontrer le maladroit Sid, le manipulateur Tony, la lunaire Cassie, le punk white trash Cook ou encore l’inquiétante Effy, allez-y, mais il faudra trier entre les pépites et les cailloux!

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4 réflexions sur “Regarder la série « Skins » à presque 30 ans

  1. Je l’ai regardé à sa sortie, j’étais bien dans la tranche d’âge visée 🙂 comme toi, j’ai été decrescendo dans l’attachement aux différentes générations, et je crois bien que je me suis arrêtée avant la fin de la troisième vague de personnages, qui me laissaient indifférente. Par contre, je garde un excellent souvenir des premiers épisodes !

    1. Oui, j’étais vraiment surprise car la série a une « mauvaise image » et je trouve que les premières saisons ont vraiment des moments assez magiques…Et effectivement j’ai eu de la peine à finir les deux dernières saisons, car ça a vraiment perdu en subtilité…

  2. Ce n’est pas la série vers laquelle j’irai spontanément mais je suis contente de lire ton avis nuancé sur celle-ci…

    1. ben en fait je m’y suis intéressée justement à cause de sa réputation un peu sulfureuse et en la regardant je me suis rendue compte que ceux qui la réduisait à ça était vraiment passer à côté, mais c’est vrai que comme les réalisateurs sont capables du meilleur comme du pire , alors ça manque d’équilibre…

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