Avec le diable / James Keene et Hillel Levin

Critique d’un thriller-vérité qui est la preuve qu’avec un quatrième de couverture alléchant on peut faire passer des livres mineurs pour le thriller de l’année.

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Années 1990. James Keene, dealer de drogue prospère et charismatique se fait arrêter et condamner à dix ans de prison ferme. Sachant que Keene est très insatisfait de sa peine, en plus d’être un homme sociable et séducteur, un procureur et le FBI lui propose un deal qui lui permettra d’effacer sa peine. Il lui «suffira» d’être incarcéré dans une prison pour détenus ayant des problèmes psychiatriques et de se rapprocher de Larry Hall, un tueur que le FBI soupçonne d’avoir commis de multiples meurtres, mais qui n’a pu être condamné que pour un seul.

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Ce roman est clairement une déception. Déception d’autant plus frustrante qu’elle provient de la survente du livre par son quatrième de couverture qui le qualifie presque de huitième merveille du monde en matière de thriller.

Tout d’abord, «Avec le diable» n’est pas un roman. C’est un documentaire écrit qui raconte la vie de James Keene, celle de Larry Hall et de l’histoire abracadabrante qui va réunir les deux hommes. Mais ce n’est pas ce qui pose problème.

Le gros souci de ce livre est que c’est le rapport écrit d’une enquête, écrit dans un style purement informatif et totalement sec, avec une avalanche de protagonistes et d’informations, mais rédigé sous la forme d’un roman, c’est à dire sans la structure bien définie du documentaire qui permet justement au lecteur de s’y retrouver dans la montagne d’informations. De plus, le livre suit une temporalité assez étrange où l’on fait sans cesse des allers-retours entre le passé et le présent, de manière anarchiques. Pire encore, les parties les plus intéressantes, les plus prenantes de l’enquête sont rapidement balancées à la tête du lecteur, alors que l’on s’attarde sur des détails administratifs.

C’est réellement dommage, car cette histoire vraie, racontée de plus par la personne qui l’a vécue, avait réellement un potentiel pour être passionnante. Mais, l’incapacité de l’auteur à choisir entre le roman et le documentaire fait de ce livre une vraie plaie à lire. Pourtant, il existe de bons exemples de thriller-vérité, notamment «Le monstre de Florence» de Douglas Preston et Mario Spezi que je vous recommande chaudement si vous souhaitez vous lancer dans ce genre littéraire.

En résumé, passez votre chemin et allez lire autre chose…

 James Keene et Hillel Levin, «Avec le diable» (Titre original; In with the Devil: A Fallen Hero, a Serial Killer, and a Dangerous Bargain for Redemption), chez Sonatine et chez Points.

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