« Nos étoiles contraires » en livre et en film

Découverte de ce best-seller «young adult», phénomène de librairie, récemment adapté au cinéma.

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Hazel Lancaster a 16 ans. Souffrant depuis son enfance d’un cancer thyroïdien qui a fini par atteindre ses poumons, elle doit sans cesse emmener avec elle une bouteille d’oxygène pour l’aider à respirer. Obligée par ses parents à participer à un groupe de soutien pour jeunes cancéreux et jeunes en rémission, elle y rencontre Augustus «Gus» Waters, un garçon de 17 ans, amputé d’une jambe à la suite d’un cancer osseux. Hazel fait découvrir son livre préféré à Gus qui va se passionner également pour le roman de Peter van Houten, ce qui poussera le duo à tout faire pour rejoindre la ville d’Amsterdam où vit l’auteur. Une ville qui permettra également à l’amour d’Hazel et de Gus de s’exprimer.

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Le livre:

Anticipant la simplicité de lecture, j’ai lu ce roman en V.O. en me disant que s’il ne me plaisait pas, il contribuerait au moins à entretenir mon anglais. La lecture des 50 premières pages a débuté assez mal, puisque l’auteur commence par une présentation des personnages et un plantage du décor au style très classique, du vu et revu qui m’a fait franchement soupirer. J’ai également été dérangée par les dialogues qui sont passablement irréalistes. Bien sûr, être malade et vivre des épreuves terribles favorise probablement l’acquisition d’une maturité précoce chez les enfants/ados atteints, mais dans ce roman, ce phénomène est clairement exagéré, particulièrement en ce qui concerne le personnage de Gus, sa métaphore de la cigarette notamment.

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Source: http://blossomdream.deviantart.com/art/The-Fault-in-Our-Stars-quotes-370766353

Cependant, «Nos étoiles contraires» finit par s’améliorer, particulièrement lorsqu’il fait place aux réflexions existentielles d’Hazel: peut-elle s’autoriser à s’attacher à une personne de plus, alors qu’elle sait que le temps lui est compté et qu’elle se sent déjà coupable à l’idée du traumatisme que sera sa mort pour ses parents? Selon ses propres mots, Hazel est une «grenade», à un moment ou un autre, elle explosera et blessera tous ceux qui l’entourent. Ces réflexions sont une des qualités du roman de John Green, car, selon moi, il est rare de voir la mort, la maladie, le deuil et le handicap traités de manière si frontale dans un roman pour adolescents. De plus, à moins d’avoir un coeur de pierre, il est difficile de ne pas être touché par les événements tragiques de la fin du roman. Donc, malgré un début plutôt moyen, le roman «Nos étoiles contraires» réussit tout de même à emporter des lecteurs peu convaincus.

Le film:

Vu le succès du roman, impossible qu’Hollywood ne se jette pas sur les droits d’adaptation. Et au final qu’est-ce que ça donne? Un film fait à la va-vite avec le but d’être rentable et de plaire à un jeune public.

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Tout d’abord, l’adaptation du roman par Josh Boone est proche du zéro créatif au niveau de la réalisation (exception faite pour l’incrustation assez originale de sms et d’emails dans les plans). Le film ressemble à un téléfilm à gros budget. Ce qui est vraiment dommage, car, s’il avait été abordé de manière plus indépendante et artistique, au lieu de le voir en termes de rentabilité en utilisant un réalisateur inconnu, le film aurait pu aboutir à un bon résultat. De plus, je ne suis pas forcément convaincue par les acteurs choisis, exception pour Shailene Woodley (Hazel) qui est extrêmement charismatique et que j’avais déjà beaucoup aimée dans «The Descendants». A cela s’ajoute une bande-son sirupeuse à souhait, formatée «teenagers».

Film Review The Fault In Our Stars

Heureusement, dans ce film, tout n’est pas à jeter. Même dans cette adaptation pauvre, les vies d’Hazel et de Gus touchent le spectateur et lui feront probablement verser une larmichette. De plus, on ajoutera qu’il est vraiment appréciable de voir des films destinés à un public jeune mettre en scène des personnages malades ou handicapés dans une perspective plutôt réaliste avec les joies et les peines de ces vies si particulières, mais à la fois si ordinaires.

Le test Bechdel:

Le film passe le test sans problème.

En résumé, je recommande clairement la lecture du livre pour sa réflexion frontale sur un sujet difficile (même si cela reste de la littérature plutôt basique), le film ressemblant trop à une bluette bas de gamme.

John Green, «Nos étoiles contraires» (titre original: The Fault in our Stars), Paris: éditions Nathan, 2013, 336 pages.

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14 réflexions sur “« Nos étoiles contraires » en livre et en film

  1. Je n’ai pas encore lu le livre mais j’ai vu le film et, comme toi, je n’ai pas été complètement emballée. J’ai trouvé que le réalisateur chercher trop à faire pleurer le spectateur en jouant à fond la carte du mélodrame et ça m’a un peu gâché mon plaisir.

      1. Oui, et ça m’a quelque peu dérangée. Mais j’ai adoré la prestation de Shailene Woodley, elle a vraiment quelque chose de particulier et de fort qui transperce l’écran. Rien que pour sa prestation ça valait le coup.

      2. Je pense aussi. Je ne sais pas si tu as vu « White Bird » de Gregg Araki mais je te le conseille, elle est parfaite dedans 😉

  2. J’ai longtemps hésité à le lire et finalement je n’ai pas franchi le pas (je n’ai même pas l’excuse d’améliorer mon anglais car si je le lis ça sera en français). Ton avis plutôt sympathique me fait de nouveau cogiter.

    1. Je dirais que c’est un bouquin facile et rapide à lire à tes heures perdues. Mais disons que tu n’y perds pas forcément grand chose à ne pas le lire.

  3. Tu dis que le film passe le test, pourtant tu le qualifies de bluette bas de gamme ! Et je suis d’accord avec toi, pour moi ça ne passe pas du tout le test pour les raisons que tu cites. Je n’ai pas lu livre, et n’ai pas envie !

    1. Personnellement, j’applique strictement les critères du test (deux personnages féminins avec un nom qui parlent d’autre chose que d’un homme). De ce point de vue, « Nos étoiles contraires » le passe en raison des conversations d’Hazel et de sa mère. Après c’est clair que l’on peut qualifier le film de cliché, car il est totalement marqueté « girly ». Pour moi, le test Bechdel est un indicateur de la visibilité des femmes dans un film. Un test réussi montre que les personnages féminins existent (ce qui est déjà pas mal quand on voit le nombre de films où il n’y a même pas deux personnages féminins), mais pas que le film est féministe ou juste bien

  4. Perso j’ai lu le livre mais pas vu le film. J’ai bien aimé le livre. C’est fortement teen-ager et plein de dialogue hors de la réalité mais je me suis laissée prendre au jeu et finalement j’ai versé ma larme a la fin. Je n’ai pas vu le film parce qu’au contraire ça me semblait un peu commerciale et j’avais peur d’être déçue :/

    1. Pour le film, tu as vu juste. C’est vraiment une entreprise très commerciale:l’adaptation d’un roman d’un roman à succès, des acteurs à la mode, un réalisateur peu connu (qui fera tout ce qu’on lui dit), un budget faible car le résultat est proche du téléfilm. Le résultat: un film ultra rentable car les fans du livre se précipitent sur l’adaptation.

      1. en plus avec l’actrice… moi c’est le seul truc qui aurait pu me faire aller voir le film. Comme tu l’as dis, elle était bien dans The Descendant et j’étais curieuse de la voir ailleurs.

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