Fairyland / Alysia Abbott

États-Unis, 1974. Après la mort de sa femme, Steve Abbott, écrivain, poète et militant homosexuel, déménage à San Francisco. Avec sa fille de deux ans, Alysia, il s’installe dans le quartier de Haight-Ashbury, pour se rapprocher d’une communauté plus libre, artistique et tolérante.

«Fairyland» est le récit autobiographique de l’enfance et de l’adolescence d’Alysia Abbott, mais aussi et surtout un hommage d’une fille à son père. Née en 1970, Alysia est la fille d’un couple proche du mouvement hippie, qui consomme pas mal de substances et qui est très libre sentimentalement. D’ailleurs, la mère d’Alysia accepte la bisexualité de son mari. Mais la vie de la petite fille va prendre un tournant différent lorsque sa mère décède dans un accident de voiture. Se sentant à l’étroit dans le Midwest, Steve Abbott met les voiles, direction San Francisco où il pourra vivre pleinement son homosexualité et sa quête artistique.

Ce roman est intime et passionnant. Alysia grandit dans un contexte plutôt démuni et déstructuré, mais avec énormément de liberté. Un contexte hors du commun qui apportera à Alysia beaucoup d’ouverture d’esprit, mais également un énorme décalage avec les enfants de son âge et son lot de souffrances face à ce père, très aimant, mais focalisé sur son art et son militantisme. Le roman est d’autant plus touchant qu’Alysia Abbott est d’une grande lucidité dans son récit. Effectivement, elle raconte son amour débordant pour son père, mais également la difficulté de mettre sa propre vie de côté pour s’occuper de son père malade, alors que lui-même n’a pas été si présent lorsqu’elle-même avait besoin de lui. C’est le portrait d’une relation filiale complexe, déséquilibrée, mais profondément aimante.

Mais «Fairyland» est aussi le récit historique de la communauté homosexuelle de San Francisco et notamment de l’épidémie de sida qui va y faire des ravages. L’autrice raconte la maladie, mais aussi l’ignorance totale et l’homophobie du gouvernement américain qui va laisser mourir des milliers de personnes du «cancer homosexuel». Le roman dépeint également le bouillonnement artistique du quartier de Haight-Ashbury, mais qui subit au fil des années des modifications, passant d’un paradis pour hippies à un quartier insécure où règne les dealers et les toxicomanes.

En résumé, une magnifique biographie qui mêle émotions et portrait d’une époque.

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Une réflexion sur “Fairyland / Alysia Abbott

  1. Un récit dont j’ai déjà entendu parler et qui me tente beaucoup par ses thèmes et son militantisme.
    La façon dont tu en parles, ne fait que me conforter dans cette idée.
    Merci de l’avoir présenté.

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