Sur le toit de l’enfer / Ilaria Tuti

De nos jours, en Italie, dans la région du Frioul. Un homme a été retrouvé mort dans la neige, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages… et ses vêtements ensanglantés. On appelle alors Teresa Battaglia, la soixantaine, une spécialiste du profilage. Le cas est perturbant, tant le profil du criminel semble ne correspondre à aucun schéma, oscillant entre la rage pure et la froideur organisationnelle. De plus, on assigne à Teresa, un nouveau collègue…

Cela n’arrive pas souvent, mais je vais vous parler d’un polar. Effectivement, le peu que je lis en général me déçoit et je n’ai souvent pas grand-chose à en dire. Mais celui-là, il m’a vraiment séduite. Même, si c’est délicat de parler de séduction quand des personnes se font énucléer, bien sûr. Mais ainsi, vous êtes prévenus, ce roman fait dans le crime sanglant, mais également dans l’originalité.

Premier élément intéressant, Ilaria Tuti nous emmène dans le Frioul, dans un village isolé qui tire principalement ses revenus de la station de ski qu’il abrite. On y découvre une Italie alpine, presque plus proche de ses voisins autrichiens que de ses concitoyens plus méditerranéens. Deuxièmement, la protagoniste principale est une inspectrice proche de la retraite et avec quelques problèmes de santé. A la fois bougonne, fine, intelligente et sensible, elle est un personnage instantanément attachant que l’on va suivre dans une enquête spectaculaire et complexe dans ce microcosme fermé qui n’apprécie pas trop qu’on «regarde sous le tapis». La dernière originalité vient du scénario tricoté par l’autrice qui a pioché dans des évènements historiques véridiques pour en faire un polar particulièrement gore.

Est-ce parfaitement réaliste? Je ne suis pas sûre. Mais dans tous les cas, j’ai été complétement prise par l’histoire. A noter que ce roman est le premier opus d’une trilogie, dont la suite est déjà disponible. Pour les italophones, sachez que j’ai lu ce polar en V.O. et qu’il est plutôt accessible (même si, tout le vocabulaire associé à la montagne m’a donné du fil à retordre).

En résumé, un bon polar pour frissonner cette fin d’année.

Ilaria Tuti, «Sur le toit de l’enfer» (titre original italien: «Fiori sopra l’inferno», chez Robert Laffont et Pocket, 2018.

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