Deux zèbres sur la 30e rue / Marc Michel-Amadry

Chronique de ce tout petit bouquin rédigé par un auteur suisse, de surcroît neuchâtelois. Un récit positif, mais inachevé.

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Au zoo de Gaza, le couple de zèbre est mort. Mahmoud, le directeur du zoo, trouve alors une astuce pour remplacer ses zèbres: peindre des rayures sur un couple d’âne. Ce dernier ne se doute pas que la brève qui raconte son histoire loufoque va avoir plus d’effet que prévu. Effectivement, son histoire pleine d’humour et de résistance contre le quotidien sombre de Gaza va essaimer sur le globe et permettre à quatre personnes de se retrouver.

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Intriguée par le drôle de titre de ce livre, charmée par son quatrième de couverture et enthousiaste à l’idée de lire le premier roman d’un écrivain neuchâtelois, je suis repartie de ma librairie avec «Deux zèbres sur la 30e rue» dans la poche.

Doté de seulement 115 pages, «Deux zèbres sur la 30e rue» se lit très rapidement, mais s’oublie aussi tout aussi vite. J’étais très impatiente en débutant sa lecture, mais cet enthousiasme est vite retombé, car ce livre n’est pas un roman, mais plutôt une ébauche de roman, selon moi. La plupart du temps, on a tendance à se plaindre des romans ayant trop de pages où l’auteur s’étale sur des histoires secondaires qui éloignent le lecteur de l’essentiel, du cœur du livre. Ici, il manque clairement 100 pages à ce roman.

L’idée du roman, le récit d’un homme qui tente d’apporter un peu de légèreté dans une zone de guerre et dont l’histoire permet à deux couples de se (re)former, est un très bon départ pour un feel good book. De plus, l’anecdote des zèbres morts de faim, remplacés par des ânes est bel et bien réelle. Le problème, c’est que le livre est tellement court que les personnages sont à peine esquissés et qu’ils sont plus proches du cliché que du personnage (le reporter de guerre cynique, la DJ volage et indépendante, l’artiste-peintre torturée, etc.). On sait tellement peu de choses sur eux que l’on ne peut à aucun moment juger de la cohérence de leurs actions. Par exemple, un des personnages décide d’écrire un livre pour reconquérir sa belle. Très bien, mais l’écrivain aurait pu décider de le faire composer une sonate ou acheter une île déserte, sans que cela pose problème, car on ignore si le personnage sait écrire, sait jouer d’un instrument ou quels sont ses moyens financiers?

Le deuxième problème, c’est la prévisibilité du récit. En lisant le quatrième de couverture, on connaît quasiment la fin de l’histoire. Ce n’est pas forcément problématique à condition que le récit apporte un peu de suspense dans le cheminement vers cette fin déjà connue. Mais là, il n’y a vraiment pas de surprise dans le déroulement du récit.

Cependant, on peut répondre à ces critiques que le livre peut être lu comme une fable ou un conte, ce qui permet plus de libertés au niveau de la cohérence du récit et sur la description courte des personnages. Donc, si vous avez envie de lire un conte moderne, pourquoi pas. Mais, apparemment, la magie n’a pas opéré sur moi (et sur mon petit cœur de pierre), même si la démarche de l’auteur, écrire un roman positif et plein d’espoir, est appréciable.

En résumé, un livre très court et inabouti. A lire pour occuper une heure vacante avec un roman positif et gai, mais pas pour passer un moment inoubliable. 

Marc Michel-Amadry, «Deux zèbres sur la 30e rue». Paris: éditions Pocket, 2013, 115 pages.

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