Seul dans Berlin / Hans Fallada

Berlin, juin 1940, dans un immeuble de la rue Jablonski. Alors que les Persicke fêtent la signature de l’armistice par la France, le couple Quangel apprend la mort de son fils unique. De plus, Otto Quangel, qui ne cotise pas au parti nazi, se voit retirer sa responsabilité de contremaitre dans la menuiserie où il travaille. Le couple, endeuillé et révolté, va alors se lancer dans l’écriture de cartes postales protestatrices qu’ils déposeront un peu partout dans Berlin dans l’espoir de réveiller la colère des Allemands. La première carte commencera par cette phrase: « Mère, le Führer m’a tué mon fils. »

Je suis incapable de me rappeler où et quand j’ai entendu parler de ce livre. Je me souviens simplement que j’avais été interpelée par le thème de la résistance allemande au nazisme, une thématique inédite pour moi.

Hans Fallada raconte le 3ème Reich en se concentrant sur la vie d’un immeuble et de son voisinage. A travers ses personnages, l’écrivain va montrer toute l’injustice, la brutalité et la perversité du régime nazi, qui, en plus de sa persécution du peuple juif et d’autres minorités, est une machine à broyer pour les citoyens et citoyennes allemandes qui ne supportent pas activement le régime. Effectivement, il faut participer à l’effort de guerre, donner de l’argent au parti, faire plein d’enfants, sinon c’est la suspicion de traitrise. L’auteur démontre également avec perspicacité comment le nazisme exploite toute la noirceur de l’être humain pour arriver à ses fins.

Le roman, inspiré de faits réels, est extrêmement noir. Entre une brochette de personnages infâmes, comme les nazis convaincus de la famille Persicke ou les bons-à-rien Barkhausen et Kluge, et ces résistant.e.s qui luttent en vain dans un système qui semble insubmersible, il est parfois difficile de trouver de l’espoir entre les pages.

Mais, au fil du roman, on comprend qu’Hans Fallada célèbre ceux qui luttent même quand tout semble perdu, affrontant la terreur de la torture et de la mort. Leur échec importe peu. Ce qui compte, c’est qu’un jour quelqu’un arrivera à déboulonner ce régime. L’important étant de ne pas abandonner et de ne pas fermer les yeux sur l’inhumanité.

A noter que le roman et son écrivain ont une histoire réellement intéressante évoquée dans ce podcast.

Peu importe qu’un seul combatte ou dix mille. Quand on se rend compte qu’il faut lutter, la question n’est pas de savoir si l’on trouvera quelqu’un à ses côtés.

Hans Fallada, « Seul dans Berlin » (titre original allemand « Jeder stirbt für sich allein »), chez Gallimard et Folio. Parution originale: 1947. Parution française: 2015.

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