La Porte / Magda Szabó

Budapest, fin des années 1950. Magda et son mari sont écrivains et font partie de l’intelligentsia hongroise. Leurs activités artistiques, politiques et mondaines les occupent énormément et Magda arrive difficilement à tenir la maison. Le couple choisit de faire appel à une femme du quartier, chaudement recommandée, Emerence. La femme, étrange et mystérieuse, est une employée méticuleuse. Au fil du temps, Magda se lie à Emerence qui se révèle être une personne avec de fortes convictions et des comportements surprenants.

Je suis tombée sur ce roman car j’essaye toujours de diversifier la provenance de mes lectures et je n’avais jamais lu d’auteur.rice.s hongrois.e.s. C’est donc avec « La Porte » de Magda Szabó, une figure très importante de la littérature de ce pays, que j’ai débuté.

« La Porte » se révèle une œuvre subtile qui, au travers d’un double portrait féminin, est également l’évocation d’un pays et d’un régime politique. L’écrivaine met en scène ce qui semble être son double: une intellectuelle, croyante et bourgeoise dans un pays communiste, qui a dû supporter les affres de la censure. Elle la met face à Emerence, une femme peu instruite, besogneuse et revêche. Elles n’ont rien en commun, mais elles vont s’attacher l’une à l’autre, dans une étrange relation mi amicale, mi filiale. Emerence, d’abord très distante, fini par considérer Magda, comme digne de confiance. Notamment, en lui permettant de franchir la porte de son logement, une porte qui reste jalousement fermée en permanence et à tous.tes.

Malheureusement, Magda va trahir cette confiance en pensant bien faire, donnant corps à l’expression « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Cependant, le roman au travers des différent.e.s habitant.e.s de la petite rue, dépeint la société hongroise et évoque également l’histoire douloureuse et complexe du pays symbolisée par cette porte qui cache le passé contrasté d’Emerence. Le tout servi par une belle écriture qui décortique la psychologie des personnages.

En résumé, une intéressante découverte qui m’amènera probablement vers d’autres livres de l’autrice.

Magda Szabó, « La Porte » (titre original hongrois: « Az ajtó »), chez Le Livre de Poche, 1987.

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