L’annonce / Paule du Bouchet

France, en 1998. Paule du Bouchet apprend par téléphone la mort de Miette, son amie d’enfance. Replongée violemment dans ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, Paule fait le portrait de cette amie au caractère explosif, mais insaisissable, qui semblait cacher un secret et faire fi de la réalité.

« L’annonce » fait partie de ces romans découverts totalement par hasard. J’avais besoin d’un livre audio très court et c’est celui dont le synopsis me parlait le plus. Et ce fut une magnifique surprise. Paule du Bouchet raconte dans ce roman autobiographique l’histoire d’une amitié fulgurante qui a mal supporté le poids des années. L’autrice et Miette ont en commun d’être des fillettes élevées dans les années 1950, par des mères seules. Elles vivent la même vie un peu instable et peu commune. L’autrice raconte sa fascination pour Miette, son caractère affirmé, sa façon de tarabiscoter la réalité, son audace. Mais aussi, un étrange sentiment. L’impression que Miette cache quelque chose et que ce « quelque chose » n’est pas à questionner.

« Notre relation était tissée de mystères et d’étrangetés. Nous avions toutes les deux un regard non conventionnel sur le monde des adultes, car il était conditionné par nos histoires parentales respectives un peu compliquées. J’avais toujours l’impression que Miette savait plus de choses que moi, et qu’elle ne voulait pas me les dire. Notre amitié était faite de cela, et je savais que pour rester sa presque sœur, il fallait que je le respecte, même si je mourais d’envie de savoir. C’est toute l’histoire du secret, on sait tout et on ne sait rien : le secret est un lien puissant et formidable. »

Effectivement, après la mort de son amie, Paule du Bouchet apprend le tragique secret de Miette par la petite sœur de cette dernière. Une révélation qui va déclencher un sentiment de révolte énorme chez l’autrice et lui inspirer ce roman pour exorciser sa colère.

Servi par une écriture élégante, le roman fait forcément penser à « L’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante pour cette relation amicale tumultueuse. Cependant, le roman ici aborde plutôt la thématique de l’oubli: l’oubli d’une personne, l’effacement des souffrances, la silenciation des victimes. Je n’en dévoilerai pas plus, vu la brièveté du roman! Mais, n’ayez aucun doute qu’il mérite qu’on lui consacre une heure ou deux.

En résumé, une centaine de pages qui traite d’un sujet difficile, mais qui le fait avec la lumière joyeuse et nostalgique des souvenirs d’enfance.

Paule du Bouchet, « L’annonce », chez Gallimard, 2022.

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