L’Œuvre / Émile Zola

Claude Lantier, fils de Gervaise Macquart et d’Auguste Lantier, veut révolutionner la peinture de son époque en s’éloignant des canons néo-classiques. Il crée donc des œuvres qu’il espère voir reçues au Salon de Paris. Un soir de pluie, sous le porche de son immeuble, il rencontre Christine avec qui il partagera sa vie et ses échecs. Il débat de sa vision artistique inédite avec son ami d’enfance Sandoz, un aspirant romancier, et toute une bande d’artistes qui cherchent la reconnaissance. Poussé par ses obsessions et sa mégalomanie, Claude entame la peinture d’une toile gigantesque qui le mènera à sa perte.

Lecture de la saga des Rougon-Macquart, épisode 9! Cette fois, Émile Zola nous emmène dans le Paris des artistes qui attendent la gloire, la rage et la faim au ventre. C’est un des romans le plus connu de Zola, notamment parce qu’il y a mis beaucoup de lui-même et de son entourage. «L’Œuvre» tourne autour de deux personnages principaux: Claude Lantier, un peintre bourru, tout à son art, qui méprise la plupart des autres plaisirs de la vie, y compris les femmes, et Pierre Sandoz, ami d’enfance de Claude qui ambitionne de devenir écrivain, d’écrire une fresque familiale qui raconte la vraie vie. J’imagine que cela vous rappelle quelqu’un! Le personnage du peintre est inspiré de Cézanne, de Manet et de Monet que Zola fréquentait.

«L’Œuvre» aborde la figure du génie incompris, celui qui n’arrive pas à faire comprendre sa démarche et qui bute face aux conventions artistiques de son époque. L’artiste incompris, qui reste inflexible sur la pureté de son art, est opposé à l’artiste à succès, au travers de personnage de Fagerolles, un peintre qui arrive à moduler sa vision artistique en fonction de ce qui peut plaire au public. Et qui, forcément rencontre un grand succès.

Mais Zola évoque également la fine limite entre le génie et la folie. Effectivement, Claude qui a pour fardeau l’hérédité de sa mère alcoolique, peine à faire aboutir le produit de son génie, car il est complétement névrosé, rongé par le doute, ce qui l’amène à gâcher ses peintures à force de les corriger.

Zola montre aussi l’emprise des disciplines artistiques sur leurs auteurs. Christine, la femme de Claude, va finir par considérer la peinture comme la maitresse de son mari. Effectivement, malgré sa gentillesse, sa souplesse et sa bonne volonté, elle ne deviendra, au fil du temps, qu’un objet à peindre pour Claude, tout comme leur enfant, d’une manière assez macabre (je vous laisse le découvrir…). En termes d’écriture, Zola fait des prouesses pour décliner en paroles la palette et les nuances que Claude jette sur ses toiles. Magnifique!

– Ah ! la vie, la vie ! la sentir et la rendre dans sa réalité, l’aimer pour elle, y voir la seule beauté vraie, éternelle et changeante, ne pas avoir l’idée bête de l’anoblir en la châtrant, comprendre que les prétendues laideurs ne sont que les saillies des caractères, et faire vivre, et faire des hommes, la seule façon d’être Dieu !

En résumé, Zola, au sommet de son art, offre un roman tourmenté qui dépeint Paris, ses artistes crève-la-faim et ses bourgeois avec une palette criarde et violente.

Le roman est disponible dans toutes les éditions possibles et imaginables, également gratuitement et légalement en format e-book.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s