À la recherche de Karl Kleber / Daniel Sangsue

2021, en Suisse, dans la ville de Morat. Un professeur de littérature tombe, chez un bouquiniste, sur une intéressante collection de livres. Le boutiquier lui apprend que ce fonds d’ouvrages provient de la collection d’un professeur de littérature, un certain Karl Kleber, disparu sans laisser de traces durant l’été 1997. Le professeur, intrigué par la disparition de ce collègue qu’il n’a pas connu, mais qui enseignait dans la même université, se plonge dans la vie du disparu au travers des ouvrages retrouvés et des témoignages qu’il récolte.

En commençant la lecture de ce roman, j’ai été déroutée. Effectivement, je trouvais étrange que le titre ressemble beaucoup à celui d’un roman de Joël Dicker et cette histoire de disparition avec une enquête faite par un professeur de littérature, cela semblait trop familier… Puis, je me suis renseignée et j’ai compris que ce roman est un mélange de pastiche et d’hommage à la littérature.

Effectivement, Daniel Sangsue reprend les codes des romans de Dicker pour en souligner certaines manies et invraisemblances. Mais, il y fait également un grand nombre de références à la littérature qu’il apprécie. Dit ainsi, on pourrait avoir l’impression d’être devant un romancier aigri face à l’immense succès d’écrivains comme Joël Dicker. Mais, l’exercice est fait de manière assez subtile puisque Daniel Sangsue est lui-même professeur de littérature et décode parfaitement l’écriture des autres. Ainsi «À la recherche de Karl Kleber» est un agréable exercice de style qui se lit facilement et vous arrachera quelques sourires. L’auteur profite également de glisser son point de vue sur la réforme des universités et ce qu’il considère comme leur marchandisation.

Cependant, je trouve le roman assez difficile à appréhender sans contextualisation. De plus, il ressort de ce livre un parfum de c’était mieux avant, un élément que je goûte peu. De plus, je n’arrive pas à identifier si l’auteur se moque de cet élément ou essaye de faire passer un message un peu passéiste.

En résumé, un format intéressant, mais qui se destine plutôt à ceux qui s’intéressent aux exercices de littérature un peu technique.

Daniel Sangsue, «A la recherche de Karl Kleber», chez Favre, 2020.

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