Un hiver long et rude / Mary Lawson

Nord du Canada, milieu des années 1960. La famille Cartwright va accueillir son huitième enfant dans une ambiance chaotique. Megan, fille unique de la famille et mère de substitution de la fratrie décide de mettre les voiles pour Londres pour enfin vivre sa vie. Reste alors Edward, le père de famille passif et dépassé; Emily, la mère complétement fascinée par les bébés et qui ne s’occupe plus de sa progéniture quand elle a dépassé le stade du nourrisson et Tom, le fils aîné, plongé dans une dépression depuis la mort d’un de ses amis.

C’est un roman à la fois touchant et frustrant que livre Mary Lawson. L’autrice nous emmène dans une famille dysfonctionnelle. Une maison en bazar, pleine d’enfants dont personne ne s’occupe à part Megan, la sœur aînée qui a sacrifié son temps, ses études et ses loisirs pour le bien des autres. Et que dire des parents? Entre ce père qui passe son temps dans son bureau, le nez dans un bouquin, et cette mère qui n’est heureuse qu’avec un nourrisson dans les bras…Cet édifice bancal va se déliter peu à peu avec le départ de Megan. Au premier abord, vous l’aurez compris, les personnages de ce roman sont exaspérants au possible.

Puis, on comprend peu à peu l’inertie de ces protagonistes, causée par la maladie, le deuil, la culpabilité, la peur de reproduire un passé douloureux. Les rendant plus attachants, plus touchant. On plonge aussi avec plaisir dans cette toute petite ville canadienne qui, en hiver, vit presque repliée sur elle-même, tout en vivant, en parallèle, les aventures londoniennes de Megan.

C’est un roman qui ne se distingue pas par son écriture, ni par sa construction scénaristique et psychologique. Mais, plutôt par la capacité à vous embarquer dans un quotidien avec des protagonistes attachants et imparfaits (et qui vont le rester jusqu’au bout!). Effectivement, l’autrice n’hésite pas à conclure son histoire sur une fin frustrante, loin de celle que l’on aurait souhaitée (mais probablement plus réaliste, notamment pour l’époque).

En résumé, un roman qui n’a pas grand chose pour plaire, mais qui vous accroche malgré tout.

Mary Lawson, «Un hiver long et rude» (titre original anglais: Road Ends), chez Belfond et 10/18.

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