La Joie de vivre / Émile Zola

Normandie, dans un petit village portuaire appelé Bonneville. Pauline Quenu, fille de Lisa Macquart et du charcutier Quenu, se retrouve orpheline. Elle est confiée à des cousins de son père, M. et Mme Chanteau qui ont également un fils, Lazare. En plus de la fillette, la famille a la responsabilité de sa fortune, héritée de ses parents décédés Les Chanteau apprécie Pauline et souhaitent bien s’occuper de son avenir et de sa fortune. Malheureusement, Mme Chanteau est rattrapée par son ambition frustrée par son mari handicapée et son fils qui ne s’intéresse qu’à la musique. Elle va ainsi utiliser la bonté de Pauline pour piocher dans sa fortune.

Je continue mon bonhomme de chemin dans la lecture des Rougon-Macquart avec, cette fois, le tome intitulé «La Joie de vivre». Cependant, malgré ce titre sautillant, Émile Zola ne fait pas dans le roman feel good (en même temps, en attendait-on moins ?).

Cette fois, Zola nous emmène en Normandie, dans un tout petit village, sans cesse malmené par les flots de cet océan tantôt paisible et d’un magnifique bleu, tantôt violent et destructeur. L’histoire commence bien. La famille Chanteau accueille avec bienveillance une fillette, l’orpheline de leurs cousins. Elle est charmante et elle illumine la triste maison de sa présence. Le fils Lazare est également charmé, on envisage même avec le temps un éventuel mariage entre les deux. Mais, des nuages se profile à l’horizon. Mme Chanteau, qui ne s’imaginait pas vivre dans une humble maison sans aucune vie mondaine et avec un mari handicapé par la goutte, souhaite satisfaire ses ambitions au travers de son fils. Le problème, c’est que ce dernier est un jeune homme sans persévérance, toujours tourmenté et prêt à s’embarquer dans des projets ambitieux qu’il ne finit pas. Et pour cela, il faut de l’argent…que l’on va trouver chez la généreuse et naïve Pauline, toujours prête à aider les autres…

«La Joie de vivre» est un roman qui joue sur les oppositions. L’opposition entre Pauline, optimiste indécrottable, et Lazare, angoissé et pessimiste. L’opposition entre Pauline, personnage irréel, proche de la sainteté, qui supporte tous les malheurs du monde grâce à sa joie de vivre, et les personnages autour d’elle qui sombrent physiquement ou mentalement dans leurs angoisses, maladies ou paranoïa. C’est un roman très dur, extrêmement cynique, où toutes les choses qui doivent se passer mal, se passent mal. Mais qui, au final, souligne que l’optimisme reste une voie préférable, car, malgré les avaries, c’est Pauline qui finit la moins malheureuse. J’ai trouvé ce roman assez difficile à encaisser, car voir quelqu’un d’aussi bon se faire malmener comme cela, ça rend fou. Et si je trouve cette représentation féminine idéalisée et sacrificielle absolument insupportable, je rejoins Zola sur le fait qu’un peu d’optimisme ne fait pas de mal.

Concernant l’écriture, comme d’habitude, c’est magnifique. Particulièrement, les descriptions de la mer qui sont fascinantes et la façon dont Zola donne vie aux animaux domestiques qui deviennent des personnages à part entière.

En résumé, un roman de Zola plus philosophique et psychologique qu’à son habitude. Définitivement, pas dans mes préférés.

Le roman est disponible dans toutes les éditions possibles et imaginables, également gratuitement et légalement en format e-book.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s