L’hibiscus pourpre / Chimamanda Ngozi Adichie

Nigéria, années 1980. Kambili, une jeune fille de 15 ans vit dans une magnifique maison de la ville d’Enugu avec ses parents et son grand-frère Jaja. Malgré la fortune de sa famille, Kambili vit un quotidien minuté et terne. Son père, Eugène, un catholique fondamentaliste, est obsédé par la pureté et le péché. Malgré cela, le père de Kambili est un homme très respecté, car il possède un journal indépendant et s’oppose à la corruption du gouvernement. Quand un coup d’état vient secouer le Nigeria, Eugène, même s’il n’apprécie pas Ifeoma, sa belle-sœur trop libérale, envoie Kambili et Jaja vivre chez elle. La soeur et le frère découvre alors chez leur tante une vie plus modeste, mais également un grand vent de liberté.

Comme toujours, Chimamanda Ngozi Adichie ne fait pas mentir sa réputation. Elle livre à nouveau un roman intelligent, touchant et toute en subtilité.

On retrouve dans «L’Hibiscus pourpre» certaines thématiques chères à l’autrice notamment la place des femmes ou encore l’influence des colonisateurs sur la société nigériane. Mais comme toujours, l’autrice évoque ces thèmes sans manichéisme. Elle met en scène, à travers Béatrice, la mère de Kambili, un personnage de femme soumise, sous le joug d’un mari qui mélange vertu et brutalité. Un contraste abrupt avec Ifeoma sa sœur universitaire et veuve qui ne s’en laisse compter par personne. Mais Béatrice n’est pas forcément la souris grise et inoffensive que l’on croit.

L’autrice arrive également a dépeindre un personnage détestable, mais complexe et passionnant: Eugene. Cet homme est une sorte de héros pour sa communauté, puisqu’il utilise les bénéfices de ses entreprises pour financer un journal indépendant et pour aider des personnes qui ont besoin d’argent pour leur santé ou pour l’éducation de leurs enfants. Mais il est aussi un tyran domestique qui terrorise sa femmes et ses enfants et qui rejette son père parce qu’il ne veut pas renoncer à ses croyances traditionnelles. C’est aussi un personnage paradoxalement très attaché à son pays, tout en étant un homme africain qui a intégré à l’extrême la religion des colons blancs.

Mais, le roman est principalement un roman d’initiation puisque l’histoire est contée au travers de la voix de la jeune Kambili qui grâce à son séjour chez sa tante va découvrir l’indépendance, la liberté et les premiers émois amoureux. Un séjour qui va la marquer, elle et son frère, à jamais !

A noter que j’ai lu le roman en V.O. anglaise et que l’écriture de l’autrice est plutôt accessible !

En résumé, une petite pépite à lire absolument, comme tous les romans de Chimamanda Ngozi Adichie jusqu’à maintenant!

Chimamanda Ngozi Adichie, L’Hibiscus pourpre (titre original anglais: Purple Hibiscus), chez Folio, 2003.

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