« Drunk », jusqu’au bout de l’ivresse

Danemark, de nos jours. Quatre amis, professeurs de lycée, quinquagénaires se lance dans une expérience inédite. Ils mettent en œuvre la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle les êtres humains auraient dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang de 0.5 pour mille. Ils décident alors de boire pour avoir ce taux alcoolémie en permanence et de relever les effets sur leurs performances au quotidien. Mais leur expérience pseudo-scientifique finit par gravement dégénérer.

Comme beaucoup, je profite de la réouverture des cinémas. Après «Thunder Road», c’est «Drunk» de Thomas Vinterberg, vainqueur de l’Oscar du meilleur film international, que je suis allée voir. Et sans préambule, je vous préviens que c’est une œuvre qui pourra vous laisser un peu dubitatif ou dubitative. Pas parce qu’il est de mauvaise qualité, loin de là, mais parce que c’est un film sans morale, ni message. Une démarche assumée par le réalisateur.

Mais je vais commencer par parler de ce qui marche bien pour moi dans ce film. Sans surprise, Mads Mikkelsen est comme toujours parfait. Surtout, j’aime le voir dans des films européens qui ne lui donnent pas des rôles stéréotypés de méchant ou de type inquiétant. Ici, il est un prof d’histoire introverti qui flirte avec la dépression et dont le mariage bat de l’aile.

J’aime la lucidité du réalisateur sur l’alcool. Oui, on boit trop, le Danemark n’échappe pas à la règle et cela a des conséquences sur la santé ou les relations sociales. Mais parfois, l’alcool permet de se détendre, de se libérer, d’avoir moins peur. Le réalisateur rappelle que le lâcher-prise est une chose essentielle dans la vie pour pouvoir être heureux et que c’est aussi une façon de dire «m…» à la société dans laquelle on vit, où il faut toujours être performant et rentrer dans le moule. J’ai vraiment apprécié ce regard sans hypocrisie, car c’est une des caractéristiques habituelles du discours autour de l’alcool dans les pays européens. Puisque l’alcool, notamment le vin, y est très valorisé et les drogues diabolisées. Alors que l’alcool est un psychotrope comme un autre, qui fait aussi d’énormes dégâts, même plus que certains substances illégales.

De l’autre côté, j’ai été un peu surprise par la conclusion du film. Si vous voulez absolument ne rien savoir, arrêtez-vous là et sautez ce paragraphe. Mais, l’expérience pour un des quatre amis va se transformer en descente aux enfers funeste. Pourtant le film se termine sur une note plutôt légère ou positive, alors que quelqu’un a perdu la vie dans cette expérience. J’ai eu beaucoup de peine à comprendre le point de vue du réalisateur, même si en même temps mon questionnement est vain, puisque le réalisateur revendique ne pas avoir de message! Mais, ma sensibilité personnelle, fait que j’ai trouvé difficile de voir le destin brisé d’un homme rangé au rang d’effet collatéral.

Le test Bechdel:

Le film ne passe pas le test Bechdel, car il est centré sur les relations des quatre protagonistes hommes.

En résumé, un film intéressant, mais qui pourra donner des ressentis très différents en fonction de l’expérience et de la sensibilité personnelle par rapport à la consommation d’alcool excessive.

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