« Thunder Road », danse funèbre

De nos jours, dans une petite ville du Texas. Jimmy Arnaud, policier, vient de perdre sa mère, une professeure de danse. Lors des funérailles de celle-ci, Jimmy tente de rendre hommage à sa mère, mais complétement déstabilisé, il finit par danser devant le cercueil de sa mère, devant une assemblée médusée. A partir de ce jour-là, la vie de Jimmy se transforme en enfer: sa femme demande le divorce et réclame la garde exclusive de leur fille, il a des problèmes d’argent et devient incohérent au travail.

«Thunder Road », c’est le genre de film qui vous fait à la fois pleurer de rire et pleurer tout court. Et j’ai eu un très gros coup de cœur pour cette œuvre qui mêle l’absurde, la tendresse et la dureté de la vie.

«Thunder Road» prend le parti de raconter la dégringolade d’un homme qui ne va pas bien et qui peine à rentrer dans le moule. Il ne réagit pas comme on l’attend de lui, son chagrin l’affecte trop et il n’arrive plus à se comporter de manière socialement acceptable. C’est ce qui fait que le film est toujours sur le fil entre le rire, le malaise et les pleurs.

La scène d’ouverture est une scène d’anthologie: un plan séquence sur Jimmy et son oraison funèbre décousue qui se finit en danse ridicule. Cette scène est totalement immersive et on a l’impression d’être assis dans l’église, pris.e.s au piège de cette scène complétement malaisante.

Un des points forts du film, c’est qu’il arrive, malgré les comportements absurdes de son personnage principal, à vous toucher en plein cœur. On ne sait pas si Jimmy a des problèmes psychologiques/psychiatriques ou s’il perd pied dans la situation spécifique de son deuil. Cette ignorance fait que l’on est en empathie avec Jimmy, car on peut tous et toutes imaginer, un jour, péter les plombs et se comporter de manière erratique, complétement submergé.e par le chagrin. «Thunder Road» rappelle aussi que même si l’on touche le fond, on peut se relever et réinventer sa vie!

Le film est également la prouesse de Jim Cummings qui scénarise, réalise et joue le rôle principal de manière complétement bluffante.

Le test Bechdel:

Le film ne passe pas le test car il est entièrement centré sur le personnage principal masculin. Par contre, il est important de noter que le film déconstruit passablement la masculinité classique puisque le personnage principal n’arrive pas à adopter le côté stoïque et digne qu’on attend de lui.

En résumé, une pépite du cinéma indépendant américain !

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