Et je t’emmène / Niccolò Ammaniti

Toscane, à Ischiano Scalo, un petit village sans intérêt où on ne voit pas la mer. Pietro, 12 ans, est un garçon intelligent, mais introverti. Il est la parfaite cible pour les harceleurs violents du village. De plus, il est le meilleur ami de Gloria, une fille belle, riche et intelligente qui attire tous les regards. Dans ce même village, revient Graziano. Un quadragénaire peroxydé, joueur de guitare, qui a écumé le monde et collectionné les femmes. Mais qui veut maintenant se stabiliser, épouser sa petite amie et revenir vivre dans son village natal. A Ischiano Scalo, il y a aussi Flora, une professeure solitaire à la vie monotone. Trois humains qui vont voir leur destin malmené par la fatalité et les erreurs que l’on répète à l’infini.

J’avais déjà eu un coup de cœur pour un précédent roman de Niccolò AmmanitiJe n’ai pas peur») et j’ai profité d’une virée en Italie (en septembre 2020, quand le Covid nous avait laissé un peu tranquille) pour me procurer un de ses livres en V.O.: «Et je t’emmène». A nouveau, c’est une lecture marquante!

Niccolò Ammaniti est un auteur qui a le chic pour vous plonger dans des ambiances puissantes et enveloppantes. Même si vous n’avez jamais mis les pieds dans un de ces villages italiens, collé à une autoroute et sans grand intérêt, vous voyez parfaitement à quoi ressemble Ischiano Scalo et ses habitant.e.s.

L’auteur nous interpelle avec une question: pourquoi Pietro, un garçon intelligent et doué, se retrouve-t’il à devoir redoubler ? C’est ce que son roman va essayer de nous faire comprendre. L’auteur prend une position de narrateur omniscient (légèrement sadique) qui sait tout de ses personnages et qui digresse parfois pour expliquer certains éléments, certains contextes. Si le roman peut paraître, au début, pas trop sombre, l’ambiance va devenir de plus en plus lourde. On comprend que malgré son apparente banalité, il va se passer des choses graves dans ce village.

Le roman est également très sociologique avec une forte notion de «destin social». Effectivement, Niccolò Ammaniti montre comment les protagonistes essayent de s’extirper de leur condition (faire des études, devenir une célébrité, construire un foyer), souvent de manière désespérée. La fin, malgré sa dureté, amène une (petite) touche d’espoir.

En résumé, un roman prenant, difficile à lâcher et incisif !

Niccolò Ammaniti, «Et je t’emmène» (titre original italien: Ti prendo e ti porto via), chez Grasset, chez Robert Laffont, 2015.

2 réflexions sur “Et je t’emmène / Niccolò Ammaniti

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