Moi les hommes, je les déteste / Pauline Harmange

«Je vois dans la misandrie une porte de sortie. Une manière d’exister en dehors du passage clouté, une manière de dire non à chaque respiration. Détester les hommes, en tant que groupe social et souvent en tant qu’individus aussi, m’apporte beaucoup de joie – et pas seulement parce que je suis une vieille sorcière folle à chats. Si on devenait toutes misandres, on pourrait former une grande et belle sarabande. On se rendrait compte (et ce serait peut-être un peu douloureux au début) qu’on n’a vraiment pas besoin des hommes. On pourrait, je crois, libérer un pouvoir insoupçonné : celui, en planant très loin au-dessus du regard des hommes et des exigences masculines, de nous révéler à nous-mêmes.»

Voilà, voilà, il est sur le blog le fameux brûlot misandre. Peut-être même que vous l’attendiez, non ? Alors qu’est-ce que j’ai pensé de ce livre si scandaleux qu’il fait frémir des ministres ? Et bien, je l’ai trouvé bien moins scandaleux que prévu, mais cela montre bien à quel point quand on met sous le nez des gens l’étendue du mal que fait le patriarcat à la société, c’est un peu comme ouvrir la boîte de Pandore. Alors que toute féministe sait déjà ce qu’elle contient. Vous allez peut-être être déçu.e.s, mais cet essai n’est pas un appel à cramer tout ce qui porte un pénis. Non, cet essai est une simple explosion de colère. Une colère qui nait face à ce constat:

«Tous les hommes ne sont peut-être pas des violeurs, mais quasiment tous les violeurs sont des hommes – et quasiment toutes les femmes ont subi ou subiront des violences de la part des hommes.»

Avant de s’énerver et de dire en chouinant « Oui, mais pas tous les hommes, faut pas faire des généralités…gna gna gna». Ce dont parle Pauline Harmange, ce sont des chiffres qui montrent une surreprésentation massive des hommes dans les auteurs de violences, de viols, d’agressions. D’ailleurs, les hommes quand ils sont violentés le sont aussi en général par d’autres hommes. Mais, les victimes sont en très large majorité des femmes:

«En 2017, 90 % des personnes ayant reçu des menaces de mort de la part de leur conjoint étaient des femmes. Toujours en 2017, 86 % des victimes de meurtre par le conjoint ou l’ex-conjoint étaient des femmes. En parallèle, sur les 16 femmes qui avaient tué leur conjoint, au moins 11, soit 69 % d’entre elles, étaient victimes de violences au sein de leur couple. En 2019, ce sont 149 femmes qui sont mortes assassinées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. En 2018, 96 % des personnes condamnées pour violences conjugales étaient des hommes et 99 % des personnes condamnées pour violences sexuelles étaient des hommes.»

Avec ces chiffres, peut-on vraiment rester calme? Peut-on simplement se dire que cela à toujours été comme ça ? Le fameux «Boys will be boys»…Visiblement non. Pauline Harmange choisit la colère et la crie à plein poumons. Non, l’autrice ne torture pas des poupées vaudoues masculines, n’harcèle, ni violente aucun homme. Elle se contente de dire que tant qu’ils choisiront d’être des purs produits du patriarcat, elle ne souhaite pas gaspiller de temps pour eux. Simplement.

On peut questionner le fait de revendiquer la misandrie, alors que l’on combat la misogynie depuis des décennies. Mais peut-on mettre ces deux notions sur un pied d’égalité ? Pauline Harmange répond que non et voilà pourquoi:

«Si la misandrie est la caractéristique de qui déteste les hommes, et la misogynie celle de qui déteste les femmes, il faut bien admettre qu’en réalité, ces deux concepts ne sont pas égaux, que ce soit en termes de dangerosité pour leurs cibles ou de moyens utilisés pour s’exprimer. On rappelle que les misogynes usent d’armes allant du harcèlement en ligne jusqu’à l’attentat, comme celui de l’École polytechnique de Montréal en 1994, dont il n’y a à ce jour pas d’équivalent misandre. On ne peut pas comparer misandrie et misogynie, tout simplement parce que la première n’existe qu’en réaction à la seconde.»

Tiens, probablement un peu comme le «racisme» anti-blanc et la soi-disant hétérophobie propagée par le lobby LGBTIQ-sataniste…Bref, vous m’avez comprise. Ensuite, en tant que lectrice assidue de littérature féministe, cet essai ne m’a pas appris grand-chose, car son contenu n’est pas tellement novateur. Je pense que c’est un essai qui sera excellent pour réveiller les jeunes féministes (peu importe leur genre) en devenir. Le seul bémol que j’ai porte sur le dernier chapitre qui parle du bienfait d’activités non-mixtes et un peu stéréotypées comme les soirées pyjama et les soirées Tupperware. Sincèrement, je me suis demandée d’où cela tombait, même si je comprends bien que le but est de favoriser l’entre-soi féminin. Mais, ce n’est vraiment pas le genre d’activités qui me parlent.

En résumé, un livre pour réveiller les consciences endormies par le quotidien.

Pauline Harmange, «Moi les hommes, je les déteste», Éditions du Seuil, 2020.

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