Son Excellence Eugène Rougon / Émile Zola

Cette fois, Zola nous mène dans les méandres du pouvoir politique.

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Eugène Rougon, fils de bourgeois parvenus, a mené sa carrière d’une main de maître et est maintenant président du Conseil d’État. Il est entouré d’«amis» toujours présents pour profiter des avantages et des relations inhérentes à son poste. Rougon éprouve également une grande passion pour la belle Clorinde, mais celle-ci ne souhaite pas lui céder. Avec le temps, Rougon sent le vent tourner pour sa carrière. Il décide alors de démissionner de son poste pour mieux revenir plus tard. Opportuniste, il va laisser ses amis et les circonstances lui permettre de reconquérir le pouvoir qu’il aime tant. Mais, le pouvoir est imprévisible et fuyant.

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Après «La faute de l’abbé Mouret» qui ne m’avait pas laissé un bon souvenir, je me suis replongée dans ma quête zolienne (pas sûre que ça se dise…). «Son Excellence Eugène Rougon» nous permet de retrouver un personnage que l’on rencontre dans le premier livre publié, «La Fortune des Rougon», car Eugène est l’un des fils du couple qui introduit la saga.

«Son Excellence Eugène Rougon» est un tome qui se consacre à l’avidité et au pouvoir. C’est un roman qui dénonce les comportements de la sphère politique sous le Second Empire. Zola, à travers Rougon et sa bande, illustre un univers de manigances où ce qui prime n’est pas l’affrontement démocratique des idées, mais plutôt l’ascension sociale et l’obtention d’avantages sociaux et financiers. Car, être député à cette époque, c’est aussi pouvoir arroser tout son entourage de faveurs, de facilités administratives qui peuvent rapporter beaucoup d’argent.

Le pouvoir y est représenté comme quelque chose de pervers, qui grise celui qui le détient, mais qui l’use également puisque tout l’entourage (la bande de Rougon la première) sollicite celui qui le détient jusqu’à ce qu’il soit à sec, jusqu’à ce qu’il n’ait plus rien à offrir. Et là, les «amis» se volatilisent…

Dans «Son Excellence Eugène Rougon», on trouve un personnage plutôt intéressant, la belle Clorinde. Effectivement, si vous avez déjà lu Zola, vous savez que ce n’est pas un écrivain très féministe. Il a une vision très manichéenne de femmes qu’il représente soit comme des saintes, soit comme des débauchées. Et, en général, les saintes sont récompensées et les débauchées punies. Clorinde semble échapper à ce schéma, car, malgré le fait qu’elle soit sensuelle, intelligente, manipulatrice et qu’elle utilise sa sexualité pour obtenir ce qu’elle veut, elle n’est pas punie. Alors, bien sûr, à la fin l’impitoyable Rougon s’en sort haut-la-main, mais Clorinde n’en subit pas de conséquences. Donc, c’est un personnage assez étonnant dans l’univers de Zola.

C’est une lecture que j’ai globalement beaucoup apprécié, malgré un début longuet. Les parties les plus savoureuses sont celles où l’auteur décrit la bande de Rougon qui lui tournent autour, toujours prête à ramasser la moindre miette, chacun à sa façon: timidement, de manière insistante, en abusant de la flatterie ou de la séduction.

En résumé, une oeuvre engagée qui dénonce le clientélisme, le népotisme et la corruption du Second Empire.

Émile Zola, «Son Excellence Eugène Rougon», 1876, disponible dans toutes les éditions possibles et imaginables et gratuitement en e-book. 

 

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