« Platzspitz Baby », les enfants oubliés de la toxicomanie

Découverte d’un film suisse bouleversant sur les enfants nés de parents toxicomanes, durant les années des scènes ouvertes de la drogue.

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Suisse, dans les années 1990. Sandrine, une toxicomane sevrée s’installe avec sa fille de 11 ans, Mia, dans un petit village, loin de la scène ouverte de la drogue à Zurich, le Platzspitz. Malheureusement, Sandrine n’arrive pas à stopper sa consommation d’héroïne et Mia essaye, tant bien que mal, de gérer sa vie de fillette et les errances de sa mère.

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Si vous n’êtes pas Suisse et/ou si vous avez moins de 25 ans, il est possible que les noms Platzspitz et Letten ne vous disent rien. Pourtant ces noms sont associés aux heures les plus sombres de l’histoire sociale suisse. A partir des années 1980, la consommation d’héroïne se développe énormément en Suisse, comme dans d’autres pays voisins. Dans la ville de Zurich, la situation est tellement catastrophique que l’on laisse aux toxicomanes le parc du Platzspitz, afin que ces derniers n’aillent pas ailleurs dans la ville, afin qu’ils soient «cadrés». Le problème? La taille du rassemblement devient délirante et la ville finit par évacuer ce parc. Les toxicomanes, qui venaient de partout en Suisse, sont renvoyés dans leur ville ou village d’origine. Mais cela ne règle rien, car ces toxicomanes n’ont aucun encadrement et les assistants sociaux qui sont amenés à s’en occuper, notamment dans les petits villages, sont débordés et manque de formation.

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Cette situation est exactement ce que vivent Mia et sa mère. Sans accompagnement, sans aide, le sevrage de Sandrine ne sert à rien et, malgré l’éloignement de Zurich, les toxicomanes trouvent le moyen de se réunir et de consommer. Oubliant tout, même leurs enfants. Le réalisateur Pierre Monnard, raconte comment Mia tente de se construire une vie auprès de cette mère dépendante, irresponsable, manipulatrice, mais dont parfois la personnalité affectueuse et joyeuse refait surface entre deux shoots.

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C’est un film réellement déchirant, car il met en scène cette fillette qui tente d’empêcher la barque du couler, de faire comme si tout était normal, alors que sa mère la trahit sans cesse. Même si le film peut sembler glauque, j’ai trouvé qu’il évitait bien cet écueil avec son regard d’enfant et aussi parce qu’il a «une petite touche fantastique et musicale» qui représente la conscience de Mia. A noter également que l’actrice qui joue Mia, Luna Mwezi, est incroyable! Je recommande donc ce film, même si, j’imagine qu’il sera assez difficile à voir en dehors de Suisse.

Le test Bechdel:

Le film passe le test sans problème

En résumé, un film marquant qui rappelle que l’on oublie souvent une partie des victimes de l’addiction: la famille, l’entourage et particulièrement les enfants.  

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