L’Art de la Joie / Goliarda Sapienza

Préserver sa capacité à aimer la vie en affrontant les épreuves de la vie et d’une époque? Rien n’est impossible pour Modesta.

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Sicile, 1900. Modesta naît dans une famille misérable et illettrée. Durant son adolescence, elle subira également un viol. Mais, Modesta, jeune femme très intelligente, malgré son manque d’éducation, arrivera à transformer une vie destinée à l’indigence en existence extraordinaire. Machiavélique, ses méthodes seront parfois immorales. Mais, elle conservera, toute sa vie, même en traversant les horreurs du fascisme, l’art d’aimer passionnément, hommes et femmes, et l’art de la joie.

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«L’Art de la Joie» de Goliarda Sapienza est un roman que je voulais lire depuis longtemps. Considéré comme une oeuvre majeure de la littérature italienne, en plus d’être sulfureuse et féministe, ce livre avait tout pour rentrer dans ma pile à lire. J’étais donc impatiente de le découvrir, mais j’ai un peu déchanté, même si cela ne remet pas en cause la qualité de l’oeuvre.

Effectivement, le contenu de ce roman est sans fautes. On y suit la vie incroyable d’une femme qui embrasse totalement le mot liberté (de pensée, sexuelle, etc.) et qui fait tout pour arriver à ses fins. On pourrait croire ce personnage antipathique, mais ce n’est pas le cas, parce que, malgré un manque de moralité dans ses actes, Modesta va toujours utiliser ce qu’elle obtient pour faire ce qu’elle pense juste (s’éduquer, aider les autres, etc.). «L’Art de la Joie» nous fait également traverser toute l’histoire politique italienne du 20ème siècle: les deux Guerres mondiales, la pourriture intérieure causée par le fascisme et la persécution des mouvements ouvriers socialistes.

Malgré ce contenu parfait, j’ai littéralement détesté lire ce roman. Effectivement, malgré sa qualité, j’ai vraiment eu un problème avec le style. C’est un style intéressant, très travaillé, avec des changements de formes tout au long du récit, par contre, c’est verbeux jusqu’à l’indigestion. Ce roman et la concision, ça fait deux. J’avais l’impression que le roman disait en 4 pages ce qu’il aurait pu dire en un paragraphe. De plus, les dialogues et les personnages ont un côté très mélodramatique particulièrement irritant pour moi. Donc, j’ai bâché la fin de ma lecture, car le roman dépasse quand même les 600 pages.

Est-ce que je recommande ce roman ? Bonne question! Si vous êtes intéressé.e.s par les thématiques abordées et que vous n’êtes pas rebuté.e.s par un style peu concis et très mélodramatique, oui, il pourra vous plaire! Sinon, ça risque de ne pas être une sinécure.

Goliarda Sapienza, «L’Art de la Joie», chez Le Tripode, 2016 (édition originale 1998).

 

9 réflexions sur “L’Art de la Joie / Goliarda Sapienza

  1. Merci pour cette découverte !
    Est-ce que ce ne serait pas dû à la publication post-mortem ? Peut-être l’époux et l’éditeur n’ont-ils pas voulu toucher au style ? J’ai aussi du mal avec cette façon de rédiger, et je trouve le travail de certains éditeurs.. indigent.

    1. Alors je ne sais pas. Il y a effectivement de nombreuses années entre l’écriture du roman et sa publication, après je ne sais pas du tout si le texte a été modifié ou pas. Mais, voilà, mon problème avec le style reste très personnel. Et je trouve quand même le contenu du livre très pertinent.

    1. Alors comme je disais le problème avec son style est une question de goût! Mais c’est vrai que c’est assez particulier, ça ne m’arrive pas souvent « d’aimer » un livre, mais de détester le lire…

  2. Je ne connaissais absolument pas… Au départ, en lisant ta chronique j’avais vraiment envie de le découvrir mais j’avoue être un peu mitigée au final. 600 pages si le style ne plait pas c’est long…

  3. C’est un de mes coups de coeur de l’année dernière ! C’est amusant, je lui ai mis une super note mais la première phrase de ma conclusion c’est « L’art de la joie est le genre de roman que l’on referme sans savoir si on l’a apprécié. » Je vois que ce n’est pas vrai juste pour moi ! Je trouve qu’il est très dense et très ambivalent, et le style parfois particulier mais il y a quelque chose d’ardent et de vivant dedans.

    Sinon, j’avais été regarder un peu le contexte de sa parution, surprise qu’il soit post-mortem. Les éditeurs avaient refusé de le publier car les thèmes traités étaient jugés scandaleux et vulgaires (sexualité etc). L’Italie du Sud est longtemps restée très traditionnelle. Mais je retrouve pas les sources :/

    1. Oui, le contexte de publication est particulier et j’imagine qu’en lisant les premières pages les éditeurs étaient assez choqués. Mais le contexte italien qu’elle décrit est tout à fait réaliste. Étant moi-même d’origine italienne du Sud, ce sont effectivement des régions qui sont restées longtemps très pauvres, avec des problèmes illettrisme et c’est resté comme cela au moins jusqu’à la fin de la 2ème guerre mondiale. Mais voilà, pour moi le style ne passait pas du tout ce qui est regrettable car j’étais intéressée par toutes les thématiques abordées par le livre.

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