Dans les forêts de Sibérie / Sylvain Tesson

Plongée dans une lecture hivernale parfaite, le genre qui vous donne de vous enfermer dans une cabane en rondins de bois.

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Entre février et juillet 2010, l’écrivain Sylvain Tesson se fait ermite dans une cabane sur la côte nord-ouest du lac Baïkal, près de la réserve naturelle de Baïkal-Léna, à 120 kilomètres du village le plus proche, sans route d’accès. Il va y vivre de la pêche, tout en marchant, en s’occupant de ses chiens, en lisant et en buvant de la vodka.

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Qui n’a pas rêvé parfois de tout plaquer, d’aller élever des chèvres dans une vallée de montagne ou de se la jouer Robinson Crusoé sur une île? C’est le choix que fait l’écrivain Sylvain Tesson en Sibérie, proche du Lac Baïkal, pour sortir de la routine et pour découvrir «s’il a une vie intérieure».

«Dans les forêts de Sibérie» est donc le récit de cet exil volontaire fait de promenades, d’explorations, de coupe de bois, de lectures et de pas mal d’alcool et de cigares. Le livre m’intéressait, mais je craignais un récit trop égocentrique d’un homme qui tourne en rond avec ses pensées. Mais l’essai de Sylvain Tesson évite totalement cet écueil, car c’est une réflexion universelle sur ce que nous fait la société.

A travers le dénuement de sa cabane (relatif quand même, puisque, je vous le rappelle, beaucoup de livres, de cigares et de vodka), il découvre une vie pleine et luxueuse. Pleine de temps, de silence, de beauté et de nature. Ce dont nous manquons cruellement dans nos sociétés très citadines, stressées et agitées. Pour lui, l’ultime rébellion, ce n’est pas de changer la société, mais de lui claquer la porte au nez en s’en allant simplement.

«Les sociétés n’aiment pas les ermites. Elles ne leur pardonnent pas de fuir. Elles réprouvent la désinvolture du solitaire qui jette son « continuez sans moi » à la face des autres.»

J’ai trouvé, de plus, que Sylvain Tesson reste assez nuancé, puisqu’il ne considère pas l’isolement comme la solution ultime. Il rappelle que l’on a besoin des autres et que la fuite est, au final, une solution un peu lâche.

«Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu’un à qui l’expliquer.»

En résumé, un livre que n’a pas volé sa réputation. Une belle parenthèse solitaire et enneigée.

Sylvain Tesson, «Dans les forêts de Sibérie», chez Gallimard et Folio, 2011. 

 

3 réflexions sur “Dans les forêts de Sibérie / Sylvain Tesson

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