L’Œil le plus bleu / Toni Morrison

Plongée dans un chef-d’oeuvre de l’autrice Toni Morrison, gagnante du prix Nobel de littérature.

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Etats-Unis, Ohio, après la Grande Dépression. Claudia et Frieda sont deux sœurs afro-américaines qui vivent dans une famille peu fortunée. La famille finit également par servir de famille d’accueil à une autre petite fille: Pecola. Pecola, issue d’une famille problématique, est une fillette à la peau très foncée et qui est obsédée par la blancheur et les yeux bleus.

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«L’Œil le plus bleu» est le premier roman de Toni Morrison et c’est un fait extrêmement impressionnant quand on achève la lecture de cette oeuvre. «L’Œil le plus bleu», c’est un roman pas facile à lire, qui donne une boule au ventre. Un livre qui est un bouillonnement de colère contre la ségrégation. Mais, plus encore, contre le racisme qui s’inscrit dans les femmes et les hommes afro-américains, qui se glisse sous leur peau pour les détruire de l’intérieur en leur rappelant qu’ils ne sont pas conformes et laids. Ce racisme intériorisé, on le perçoit dans cette petite fille obsédée par la bancheur; dans cette femme qui rêve d’une belle vie, mais dont la pauvreté lui fait perdre ses dents.

Le roman est si riche qu’il est difficile d’aborder tous les thèmes qu’il traite. Par contre, ce roman n’est pas pour les âmes sensibles, car il aborde également le thème de l’inceste de manière très crue. En plus, l’abus d’enfant est principalement vu au travers les yeux d’autres enfants, dans les années 1940-1950. Donc, un point de vue moins «dramatisant», qui se soucie de la petite fille, mais pas de toutes les implications légales ou sociales que voient les adultes. Ce roman montre également comme une petite fille peut être une sorte de défouloir, qui permet aux autres de se sentir mieux, plus beaux, plus chanceux.

«Tous nos déchets que nous avons entassés sur elle et qu’elle a absorbés. Et toute notre beauté, qui était d’abord à elle et qu’elle nous a donnée. Nous tous nous nous sentions si sains quand nous nous étions purifiés sur elle. Nous étions si beaux quand nous avions chevauché sa laideur. Sa simplicité nous décorait, ses remords nous sanctifiaient, grâce à sa douleur nous rayonnions de santé, grâce à sa maladresse nous pensions avoir le sens de l’humour. Sa pauvreté nous rendait généreux. Nous utilisions même ses rêves éveillés – pour imposer le silence à nos cauchemars».

En résumé, un roman dur, marquant, probablement la meilleure représentation du mal que fait le racisme que j’ai lu jusqu’à présent.

Toni Morrison, «L’Œil le plus bleu» (The Bluest Eye), chez 10/18, 1970.

5 réflexions sur “L’Œil le plus bleu / Toni Morrison

  1. Je l’ai reçu sous le sapin et j’ai hâte de le lire ! 🙂

    Si tu ne l’as pas encore lu, je te conseille Beloved qui montre jusqu’où une mère peut aller peut aller pour éviter empêcher ses enfants de subir les souffrances de l’esclavage. Le côté fantastique peut dérouter mais la l’écriture de Toni Morrison est superbe.

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