Une chambre à soi / Virginia Woolf

Plongée dans ce grand classique de la littérature féministe: un écrit tout simplement visionnaire!

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«Une chambre à soi» est un essai de Virginia Woolf, qui analyse la place des autrices dans la littérature britannique. Virginia Woolf y interroge les facteurs qui ont empêché l’accession des femmes à l’éducation et à l’écriture. Elle y met en exergue deux facteurs principaux: la pauvreté économique des femmes et l’absence d’un espace propre: la chambre à soi.

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J’ai profité du calme estival pour lire «Une chambre à soi», ce monument de la littérature féministe. Petit par le nombre de pages, mais grand par son influence sur l’histoire des idées féministes, «Une chambre à soi» est une lecture qui m’a déstabilisée. Effectivement, la structure de l’essai ne suit pas le schéma thèse-antithèse-synthèse, mais annonce dès le début sa conclusion:

«Il est indispensable qu’une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une oeuvre de fiction.»

L’autrice ensuite explique comment elle arrive à cette conclusion en alternant entre des évocations personnelles, une analyse de la littérature britannique et des éléments plus psycho-sociaux. Donc, on est assez loin d’un essai classique. Ce style un peu étrange n’a pas forcément rendu ma lecture agréable. De plus, Virginia Woolf cite un très grand nombre d’auteurs et d’autrices britanniques et je dois dire qu’au-delà des classiques sœurs Brontë, Jane Austen, Shakespeare et quelques autres, il y a beaucoup d’auteur.trices dont je ne connaissais pas les œuvres. Cela a rendu assez difficile la compréhension précise de l’analyse que fait Virginia Woolf.

Par contre, j’ai quand même été ravie de cette lecture. Notamment, parce que Virginia Woolf est une vraie visionnaire. Effectivement, en plus du peu de moyens financiers que détenait la majorité des femmes, l’autrice évoque le manque d’espace propre, d’intimité et de tranquillité. Effectivement, seules les femmes appartenant à une classe sociale élevée pouvaient envisager d’avoir une chambre à elles. Mais, même si elles disposaient d’un espace, il était très compliqué pour elles d’écrire sans être dérangées, car le quotidien des femmes était très organisé et régenté par leur famille et les règles sociales de bienséance. J’ai trouvé passionnant le parallèle que l’on peut faire actuellement avec la notion de charge mentale et le fait que les femmes soient en permanence accaparées par leurs proches et leurs enfants pour répondre à ce que la société attend d’elles. Virginia Woolf rappelle également que les femmes qui souhaitaient écrire devaient faire face aux moqueries et à l’hostilité, alors que les écrivains s’exposait, au pire, à l’indifférence. Elle moque d’ailleurs largement ces hommes qui ont tout le pouvoir dans la société de son époque, mais qui sont en permanence en colère contre les femmes, contre les pauvres, etc.

En résumé, il est admirable de constater la perspicacité de Virginia Woolf, mais désolant de constater que les choses peinent à changer.

Virginia Wolf, «Une chambre à soi» (Titre original; A Room of One’s Own), chez 10/18, 1929.

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