Six raisons de découvrir « Le Goût du bonheur » de Marie Laberge

Cette année, je me suis plongée dans la fameuse trilogie québécoise de Marie Laberge. Une vraie réussite!

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Ville de Québec, entre-deux-guerre. Gabrielle et Edward forment un couple fou amoureux, une rareté pour l’époque où les familles de la grande bourgeoisie arrangent les mariages de leur progéniture. Avec leur cinq enfants, ils forment une famille heureuse qui vit dans l’aisance. Mais plusieurs événements, dont la Deuxième Guerre mondiale vont venir arracher la famille à son bonheur tranquille. Adélaïde, leur fille aînée, vive et rebelle, ne se gênera pas non plus pour tracer son propre chemin à contre-sens, toujours accompagnée de son ami d’enfance, le timide et délicat Florent. Entre 1930 et 1970, «Gabrielle», «Adélaïde» et «Florent», mettent en exergue les destins de dizaines de personnages attachants ou détestables.

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Découvrir l’histoire du Québec

Je m’avance peut-être, mais je pense que les Européens, même francophones, connaissent assez peu l’histoire du Québec. Je n’échappe pas à cette méconnaissance. Ainsi, grâce à cette saga qui s’étale des années 1930 à 1970, on peut voir l’évolution de la Belle Province à travers les événements les plus marquants de son histoire: la grande Dépression, la Deuxième Guerre mondiale, la naissance du mouvement souverainiste québécois, etc. On y comprend mieux les divisions entre canadiens anglo-saxons et canadiens francophones qui sont religieuses, mais aussi culturelles et économiques.

Comprendre la lutte pour l’émancipation des femmes québécoises

De nos jours, le Québec est plutôt un modèle en terme d’avancées sociales concernant l’égalité des chances pour les femmes ou les personnes LGBTIQ+. Mais on a tendance à oublier que longtemps la province a été très en retard sur les provinces anglo-saxonnes. Effectivement, la région est restée engluée de nombreuses années dans un catholicisme rigoriste. Empêchant les femmes d’accéder au droit de vote, donnant aux maris tous les droits même s’ils étaient irresponsables ou violents, interdisant l’avortement et l’utilisation de la contraception. Durant toute la saga, on accompagne donc Gabrielle, Adélaïde, Paulette, Leah et les autres qui vont se battre pour leurs droits, chacune à leur façon.

Suivre des personnages passionnants au destin imprévisible

Il y a chez Marie Laberge un génie des personnages. L’autrice livre une saga jamais manichéenne où il y a la place pour les malheurs, les infamies, les errances, mais aussi pour la guérison, le pardon, les changements de cap. Ses personnages suivent donc cette même direction. En 40 ans, l’autrice arrive à dépeindre les évolutions tortueuses d’un être humain dont le destin est insoupçonnable. Dans «Le Goût du bonheur», la vieille fille bigote peut finir par vivre légère et heureuse, d’une manière peu respectable selon l’église; la belle jeune première orgueilleuse peut tomber dans la situation la plus innommable; celui qui paraissait être le père idéal peut devenir le plus aigri des hommes…

Pour se faire briser le cœur par les événements

Il est à noter que l’autrice n’est pas tendres avec ses personnages, mais alors pas du tout…Les fins de chaque volume sont l’occasion de la survenue d’événements qui bouleverseront vos petits cœurs.

Pour lire un livre en français québécois

J’ai trouvé vraiment agréable que le roman soit écrit en français du Québec et non en français standard. Rien ne m’énerve plus que la volonté d’homogénéiser le français en ayant comme standard universel le français de France.

Parce que vous êtes passionné-e-s de mode

Effectivement, le fil rouge que l’on retrouve tout au long de la série, c’est la mode au travers des yeux de Florent, si sensible au drapé d’un tissu, au soulignement des tailles et à la beauté des couleurs. Cette thématique reste cependant assez secondaire et cela ne repoussera pas le lecteur qui ne s’intéresse pas à la thématique.

Marie Laberge, Le goût du Bonheur: «Gabrielle», «Adélaïde» et «Florent», chez Pocket, 2000 et 2001.

 

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6 réflexions sur “Six raisons de découvrir « Le Goût du bonheur » de Marie Laberge

  1. Tu me donnes envie de relire cette saga que j’ai découverte et adorée il y a un peu plus de dix ans.
    Je me souviens avoir beaucoup aimé la manière dont l’autrice avait construit ses personnages, ainsi que la place des femmes dans les romans.
    A l’époque, je m’intéressais moins au Québec qu’aujourd’hui et je ne me souvenais plus que cela donnait autant d’information sur son histoire. Je ne me souvenais plus non plus que c’était écrit en français du Québec : j’ai lu « Ceux qui restent » il y a quelques mois et j’avais été positivement surprise par le fait que l’autrice l’avait écrit en français du Québec.
    Bref, j’ai de bonnes raisons de relire cette saga ! 🙂

    1. J’ai vraiment été surprise de tout ce que j’ai appris en lisant ce livre. La question de la langue est importante, je trouve. De plus, si on fait un minimum d’effort, les mots d’usage québécois sont tout à fait compréhensibles. En tout cas, j’ai dû utiliser le glossaire qu’une ou deux fois, notamment pour les mots « catiner » et « placoter » 🙂

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