« Spotlight », mettre la vérité en lumière

Plongée dans un film d’une sobriété frappante et d’une justesse renversante.

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Etats-Unis, Boston, 2001. Le journal, le Boston Globe, voit ses chiffres de vente chuter. On engage alors un nouveau rédacteur en chef dans le but de relancer les ventes du journal. Le nouveau rédacteur décide d’engager l’équipe Spotlight, une équipe de journalistes d’investigation, sur une affaire de pédophilie qui a été jusque-là peu traitée. Effectivement, plusieurs prêtres dans leur ville ont été accusés d’avoir abusé sexuellement d’enfants et s’en sont tirés sans qu’il y ait de poursuites. L’équipe se plonge donc dans l’affaire avec l’aide d’un avocat qui tente de défendre les familles des enfants abusés.

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Oscar du meilleur film et du meilleur scénario original en 2016, «Spotlight» de Thomas McCarthy est un film d’une très grande sobriété et clairement pas le genre de film que l’on voit souvent recevoir des Oscars. Mais c’est un film que je recommande sans modération.

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Tout d’abord, parce que c’est un film qui montre le travail des journalistes de manière réaliste. Cela peut paraître banal, mais c’est assez rare dans le cinéma hollywoodien qui nous montre parfois des personnages de journalistes-aventurier.ères qui échappent à la mort façon James Bond. Ce qui n’a rien avoir avec le travail de la grande majorité des journalistes. Là, on voit la difficulté et la subtilité du journalisme d’investigation: convaincre les gens de parler, de dire la vérité, sans les brusquer et en les respectant. Le réalisateur reste également très fin avec ses personnages dont il ne fait pas des héros sans reproche, mais des hommes et des femmes qui essayent de faire ce qu’ils peuvent.

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Il est aussi important de noter que, malgré la gravité du sujet, le film «Spotlight» n’a rien de voyeuriste ou glauque. On parle des abus de manière sobre et respectueuse. Le sujet principal du film restant plutôt l’enquête que le détail des crimes perpétrés et cachés par l’église catholique américaine.

L’autre point fort de ce film, c’est les acteurs (Mark Ruffalo, Michael KeatonRachel McAdams) qui sont vraiment irréprochables. A aucun moment, on ne voit les acteurs derrière les personnages, c’est impressionnant. Le tout est mis en valeur par une mise en scène sobre, mais au service du récit. D’ailleurs, malgré une certaine austérité, le film maintient son rythme et son suspense tout au long du film.

Le test Bechdel:

Le film ne passe pas le test Bechdel. Il y a un seul personnage féminin qui a une pauvre ligne de dialogue avec un autre personnage féminin très secondaire et pas nommé.

En résumé, un film qui démontre qu’on peut faire un film à Oscar tout en sobriété. 

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