« GLOW », sororité, roustes et body à paillettes

Vous en avez marre des hommages aux années 1980 ? Dommage, parce que ce n’est pas fini. Mais, avec «GLOW», les années 1980 sont le décor parfait.

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Los Angeles, années 1980. Ruth, une actrice au chômage, se présente à une audition dont l’annonce disait que des  femmes « non-conventionnelles » étaient recherchées. Une fois sur place, elle apprend qu’il s’agit d’un spectacle de catch féminin télévisé, réalisé par Sam Silvia, un réalisateur cynique de film de genre. Ruth finit, après quelques péripéties, par intégrer la troupe au côté de sa meilleure «amie», Bettie, également actrice sur la pente descendante.

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Clairement, une série sur le catch féminin, ça n’avait vraiment rien pour m’attirer. Je n’ai rien contre, seulement un intérêt proche de zéro pour ce sport. De plus, ayant beaucoup entendu parler de la série, j’avais de la peine à comprendre comment on pouvait associer catch féminin et féminisme. Après un visionnage plutôt jouissif, je comprends mieux, même si, la série a tout de même quelques contradictions.

Il a fallu quelques épisodes pour que j’entre réellement dans la série. Effectivement, les premiers épisodes vous montrent un réalisateur désagréable et cynique faire passer des castings à des femmes, puis leur assigner des rôles atrocement stéréotypés. Je peux vous dire que quand j’ai vu attribué à Arthie, une jeune femme indienne, le rôle de Beirut, une catcheuse terroriste (!), j’étais un peu déroutée. Notamment, parce le ton de la série reste très conventionnelle, donc je n’arrivais pas à saisir si c’était de l’humour noir ou pas. Mais, je vous rassure tout de suite, la série s’approprie effectivement les clichés pour mieux les dézinguer et c’est d’autant plus visible dans la deuxième saison.

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«GLOW», c’est aussi une belle galerie de personnage féminins superbe et divers en terme tour de taille, de couleur de peau et de sexualité, mais surtout en termes de personnalité. Effectivement, au travers d’elles, la série peut aborder une multitude de thème comme le divorce, le statut de mère, le racisme, l’avortement, la discrimination des femmes dans le show-business, le harcèlement sexuel au travail, etc. D’ailleurs, plus les épisodes avancent, moins on se focalise sur le duo Ruth-Bettie et plus on découvre les autres protagonistes. Autre élément qui ajoute un plaisir au visionnage: l’esthétique eighties, les paillettes à gogo et la chouette bande-son. Même si. on est d’accord que cette décennie est un peu trop à la mode en ce moment et qu’on se demande quand arrivera l’overdose.

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Par contre, il y a tout de même quelque chose qui me chipote avec cette série. Effectivement, dans la série, en backstage, la participation à ce show de catch est source d’empowerment et de sororité. Le problème, c’est que l’image véhiculée par le show auprès des spectateurs c’est l’utilisation du corps des femmes comme appât, même si la série montre que les catcheuses sont de vraies athlètes, et la satisfaction de la soif malsaine de cliché du public (clichés sur l’Union Soviétique (Guerre froide, oblige), sur les Noir.e.s, les Asiatiques, etc). Sans ce regard sur le devant de la scène, sur ce qu’il suscite, et en se concentrant sur le backstage, la série rate une bonne partie de son potentiel de remise en question et de réflexion.

En résumé, une série plaisante, feel good, intelligente, mais qui doit passer l’étape au-dessus pour être aussi féministe qu’elle le revendique. 

 

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4 réflexions sur “« GLOW », sororité, roustes et body à paillettes

  1. Je connais de nom bien evidement, pas eu le temps de la regarder encore je voulais regarder quelques un pour le cote psychedelique parce que le sport et moi ca fait 4 donc c’est franchement pas ca qui m’attire haha

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