« Je ne suis pas un homme facile », la dénonciation par l’absurde

Inverser la domination pour mieux la dénoncer, voilà le but du film d’Éléonore Pourriat.

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Damien, quarantenaire, créatif dans une boîte d’informatique, est un collectionneur de conquêtes aux manières pas toujours très délicates. Un jour, à la suite d’un choc à la tête, il se réveille dans un monde étrange où les femmes dominent, où les hommes sont renvoyés aux tâches les moins valorisantes et doivent essayer à tout prix de plaire à ces dames.

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Réalisé par Eléonore Pourriat, ce film se base sur un court métrage intitulé «Majorité opprimée» de la même réalisatrice qui mettait en scène un monde où les hommes subissent les mêmes affronts que les femmes: remarques sur le physique, discrimination, harcèlement, etc. Grâce à l’investissement de Netflix, la réalisatrice a pu transformer son court-métrage en film.

Portée par Vincent Elbaz, en quadra subitement tombé très bas dans la chaîne alimentaire, et par Marie-Sophie Ferdane, en écrivaine mangeuse d’hommes sans scrupules, cette comédie est plutôt habile.

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«Je ne suis pas un homme facile» commence un peu comme une grosse blague. Les hommes sont poussés à porter des shorts pour dévoiler leurs jambes musclées et à s’épiler en mode « ticket de métro ». Au début, le protagoniste trouve que sa situation n’est pas si terrible que ça. Lui qui drague à tout va, ne trouve pas problématique de se faire siffler, aborder et admirer dans la rue. Mais, la situation s’assombrie rapidement quand il se rend compte qu’on ne l’écoute plus, qu’il est infantilisé et que la moindre velléité d’émancipation se solde par un « De quoi tu te plains!? On est galantes avec toi, on te fait des cadeaux et on te tient la porte » ou par « On n’y peut rien si la nature a fait les femmes naturellement plus fortes pour pouvoir mettre au monde des enfants! ». Le tout, englobé dans une histoire d’amour toxique.

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On ne criera pas non plus au chef d’oeuvre, car cette comédie, sur la fin, se laisse un peu débordée par son côté comédie romantique, abandonnant l’aspect très grinçant du miroir déformant du début. Malgré tout, on remarquera que «Je ne suis pas un homme facile» a vraiment quelque chose à apprendre à nombre d’autres comédies qui se contentent de véhiculer les mêmes stéréotypes féminins et masculins depuis des lustres.

Le test Bechdel:

Evidemment, comme les femmes sont ici les dominantes, le test Bechdel est passé haut la main.

En résumé, une comédie qui se regarde volontiers et avec un fort potentiel pédagogique! 

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7 réflexions sur “« Je ne suis pas un homme facile », la dénonciation par l’absurde

  1. Vu aussi, je l’ai recommandé à plein de monde. Pas que ce soit un chef-d’œuvre mais il a le mérite de surprendre. Je pense que plein d’hommes ne voient mm pas ce que nous subissons, tant c’est ancré dans notre culture. Ce retournement est bienvenu, salutaire, presque éducatif.

  2. Je l’ai trouvé génial ce film, effectivement on voit bien qu’au début il est bien content, c’est facile de séduire etc … puis l’ombre au tableau, le machisme, la discrimination, la perte de confiance en lui aussi … c’est une comédie, mais c’est vraiment pas mal foutu !

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