La Légende de nos pères / Sorj Chalandon

Découverte d’un bref roman mélancolique sur les relations père-fils/père-fille, avec pour contexte les récits de la Résistance.

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2Marcel Frémaux est biographe familiale. Il propose aux personnes, contre rémunération, de raconter l’histoire de leur famille dans un livre à tirage limité. Un jour, il est contacté par une femme, Lupuline Beuzaboc, fille d’un résistant de la Deuxième Guerre mondiale. Elle souhaite que son père raconte son histoire au biographe pour qu’il l’immortalise. Ce travail est cependant complexe pour Marcel, car il fait remonter en lui les souvenirs de son propre père, lui-même résistant, et, avec qui, il a eu peu de dialogue. Mais le biographe n’est pas au bout de ses surprises…

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Cela fait un sacré moment que je souhaite lire un roman de Sorj Chalandon, tant la réputation de son écriture est excellente. C’est chose faite avec «La Légende de nos pères». C’est un roman court qui offre un début assez lent, qui pose gentiment le décor, avant d’instiller un doute dans l’esprit du lecteur. Un doute qui précipite la lecture, car on souhaite savoir s’il y a de la légende dans cette histoire ou pas…

J’ai trouvé ce roman particulièrement brillant, car il arrive en peu de pages à aborder les relations entre les parents et les enfants au travers de deux relations très différentes, la Résistance et les horreurs de la guerre, le courage et la lâcheté. De plus, dans une écriture qui m’a vraiment touchée en exposant tous les regrets des non-dits et des rendez-vous manqués.

«Mon père était comme mort avant d’entrer en terre. Ma mère allait mourir de l’y avoir conduit. De lui et d’elle resteraient un enfant sans lumière, un autre sans empreinte.»

«J’avais laissé partir cet inconnu, ce soldat, ce déporté. Qui était retourné à la liberté comme on va au silence. J’avais laissé partir une page de notre histoire commune. J’avais oublié de m’asseoir à ses pieds, de rechercher ses yeux. J’avais tardé à l’assaillir, à le questionner, à moissonner sa mémoire. J’avais failli à mon métier de fils. J’étais devant la tombe et j’avais les mains vides de lui, les poches sans aucun ticket de notre vie à deux.»

Par contre, il y a vraiment dans ce texte une pesanteur émotionnelle, quelque chose qui étouffe. Donc, malgré sa brièveté, c’est un roman qui marque et pas si facile à encaisser.

En résumé, un beau roman pour découvrir la plume de Sorj Chalandon. Court, touchant et brillant!

Sorj Chalandon, «La Légende de nos pères», chez Grasset et Le Livre de Poche, 2009.

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3 réflexions sur “La Légende de nos pères / Sorj Chalandon

    1. Non, je ne l’ai pas lu, mais je vais probablement le faire, car l’écriture est vraiment top! D’ailleurs, je pense que c’est sur ton blog que j’ai entendu parlé de cet auteur en premier!

      1. J’en suis d’autant plus ravie que tu as apprécié ta lecture ! Je t’encourage vraiment à découvrir le Quatrième mur qui est pour moi parmi tous ceux lus, son meilleur !

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