La Traversée des apparences / Virginia Woolf

Découverte de l’écrivaine Virginia Woolf avec son premier roman: il était plus que temps!

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Angleterre, début du 20ème siècle. Rachel Vinrace s’embarque pour l’Amérique du Sud sur un des bateaux de son père. A bord, se trouve également son oncle et sa tante, Mr et Mrs Ambrose. Lors de la traversée, elle rencontrera également le couple Dalloway. Une après-midi, Mr Dalloway l’embrasse. Helen Ambrose, une femme intelligente et posée, remarque à quel point sa nièce est naïve et perturbée par cet épisode. Elle décide alors de la prendre avec elle lors de sa villégiature dans un village sud-américain prisé de l’aristocratie anglaise.

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«La Traversée des apparences» est le premier roman de Virginia Woolf et il est également  connu pour avoir dans son récit beaucoup d’éléments autobiographiques. Effectivement, difficile de ne pas rapprocher Rachel et Virginia: deux orphelines de mère, deux âmes mélancoliques mal à l’aise en société.

«La Traversée des apparences» n’est pas un roman d’action et j’ai eu de la peine à entrer dans le récit. La première partie du roman, qui se déroule durant la traversée en bateau, est assez fastidieuse. De plus, on ne ressent pas vraiment l’ambiance marine, le voyage, à part pour l’épisode tempétueux.

Cependant, le roman prend de l’intérêt quand Rachel arrive avec sa tante et son oncle à Santa Marina, un village sud-américain imaginaire. Car, à ce moment-là, le talent de Virginia Woolf pour remettre en cause l’ordre établi peut entièrement s’exprimer. Droit de vote des femmes, enfermement dans le mariage, absence d’éducation sexuelle chez les jeunes filles sont autant de sujets polémiques abordés. L’autrice tacle également l’aristocratie anglaise pour ses règles et ses manières qui poussent à la superficialité et empêchent de créer de vrais liens profonds. On trouve également, dans ce premier roman, la notion de la «chambre à soi» que Woolf développera plus tard dans un essai.

On peut aussi remarquer que sous la forme très classique de son roman, Virginia Woolf est la reine de la provoc’. Effectivement, il y a une scène de messe dans le roman et l’on y sent bien le ton ironique de l’écrivaine. Mais, en plus, elle place entre les mains d’un des personnages un livre de la poétesse Sappho que le gredin lit pendant la messe. On peut y voir une référence bien sentie à la bisexualité de Virginia Woolf.

En résumé, un roman dont la lecture ne coule pas de source, mais qui contient déjà tout le talent de Virginia Woolf. 

Virginia Woolf, «La Traversée des apparences» (titre original anglais: The Voyage Out), dans toutes les éditions possibles et imaginables, libre de droit en ebook.

Lu dans le cadre du Feminibooks Challenge:

feminibooks challenge

 

 

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3 réflexions sur “La Traversée des apparences / Virginia Woolf

  1. Je ne connaissais pas ce livre de Virginia Woolf ! Je suis en train de découvrir cette autrice, et ce que j’ai déjà pu lire d’elle rejoint ce que je retrouve dans ta chronique. Je l’ajoute de ce pas à ma wishlist. Merci pour la découverte 😉

  2. J’aime beaucoup Woolf mais je ne connaissais pas du tout ce roman. Je te recommande vivement « Vers le phare » et « Mrs Dalloway ». Cela dit, je pense que c’est une auteur assez clivante dans le sens où elle n’est pas forcément facile à lire et soit on aime, soit on déteste.

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