« Moi, Malala » / Malala Yousafzai et Christina Lamb

Découverte de l’histoire de Malala, jeune militante infatigable pour l’éducation des filles et cible des islamistes de son pays!

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Malala Yousafzai grandit dans la belle vallée de la Swat dans une famille aimante, mais peu fortunée. Son père, un musulman pratiquant, mais épris de justice, a toujours eu à cœur l’accessibilité de l’éducation pour tous les enfants pakistanais, fille ou garçon. Et ce, malgré les menaces des Talibans qui envahissent la vallée. Il va transmettre à sa fille son esprit combatif. Malala va alors rapidement attirer l’attention des médias, mais aussi des terroristes qui vont la prendre pour cible et tenter de l’assassiner.

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J’ai été agréablement surprise par cette autobiographie, car il ne contient pas que l’histoire de Malala, sa prise de conscience, son combat, mais une bonne partie de l’histoire géopolitique du Pakistan et c’est vraiment ce qui fait la force de «Moi, Malala». D’ailleurs, la partie géopolitique est probablement principalement rédigée par Christina Lamb qui coécrit le récit avec Malala et qui est une journaliste de terrain, spécialisée dans l’Afghanistan et le Pakistan.

Le récit que fait la jeune fille est terrifiant, car on y voit la destruction progressive d’une magnifique vallée bucolique -avec du tourisme, une station de ski- par le radicalisme des Talibans (et aussi une économie et une démographie mal maîtrisée). La rivière est polluée, les arbres sont abattus, les Talibans détruisent les vestiges bouddhistes et instaurent la Charia. La vallée de la Swat va alors vivre un enfer, digne d’une malédiction: coulées de boue, tremblement de terre, guerre civile, disparition de l’activité économique, déplacement massif de population, assassinats et attentats. Le poids des événements va encore peser plus lourd sur les femmes puisqu’on va les confiner à l’intérieur, leur imposer la burqa et leur interdire d’aller à l’école. Des écoles vont d’ailleurs être la cible d’attentats meurtriers.

Un des éléments les plus intéressants, c’est que l’on comprend comment les Talibans vont utiliser trois caractéristiques du pays pour prendre le pouvoir: la tradition de la vengeance chez les Pachtounes, le penchant des Pakistanais pour les théories complotistes et un État impuissant. On constate aussi les retombées des guerres voisines afghanes (celle des années 1980 et celle des années 2000) avec l’investissement des forces internationales qui vont plutôt mettre de l’huile sur le feu, au lieu de jouer les pompiers.

En résumé, un bel exemple de courage à lire, mais aussi un moyen de mieux comprendre les événements géopolitiques parmi les plus marquants de ces dernières années.

Malala Yousafzai et Christina Lamb, «Moi, Malala», chez Chez Calmann-Lévy et Le Livre de Poche 2013.

Lu dans le cadre du Feminibooks Challenge:

feminibooks challenge

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5 réflexions sur “« Moi, Malala » / Malala Yousafzai et Christina Lamb

  1. Le fait que ce livre soit plus large que l’histoire de Malala m’intéresse beaucoup pour le coup ! Merci, je pense que je le lirai ! ☺

  2. J’ai lu la dernière édition, à destination d’un jeune lectorat, et j’ai beaucoup aimé. On y retrouve en effet des questions de géopolitique, d’éducation, et j’ai également découvert une zone géographique que je connais très très mal ! Un jour, je lirai cette édition mais pour l’instant ma lecture est encore trop fraîche (alors que ça doit faire deux mois mais comme quoi elle m’a marquée!).

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