La Perle et la Coquille / Nadia Hashimi

Découverte de ce beau best-seller sur une étrange tradition afghane: les bacha posh!

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Afghanistan, 2004. Rahima est une petite fille issue d’une famille uniquement composée de filles, au désespoir de son père, un ancien soldat ravagé par l’opium qui passe sa journée avachi. Dans cette société où les femmes ne peuvent pas faire les plus simples activités, comme les courses ou aller l’école, sans être accompagnées d’un individu de sexe masculin, la famille de Rahima est bien empruntée. La petite va donc devenir une bacha posh, une fille travestie en garçon, afin de subvenir aux besoins de sa famille et d’escorter ses sœurs à l’école. Mais, Rahima n’est pas la première femme de sa famille à devenir une bacha posh. Son ancêtre, Shekiba, fut une femme travestie, garde dans le harem du roi Habibullah, un siècle plus tôt.

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Nadia Hashimi est la fille de deux migrants afghans venus se réfugier aux Etats-Unis dans les années 1970. Cette écrivaine, élevée au pays de l’Oncle Sam, a cependant à cœur, dans son oeuvre, de raconter la vie des femmes afghanes. «La Perle et la Coquille» est son premier roman et un très gros best-seller que j’ai eu un grand plaisir à découvrir.

Dans ce roman, l’écrivaine raconte la tradition des bacha posh. Une tradition afghane qui consiste, pour les familles sans hommes, à travestir des petites filles en garçon pour qu’elles puissent aider leur famille en ayant accès à l’espace public. Ce statut se termine en général à la puberté et n’a pas pour but de tromper les gens, puisque l’entourage, les professeurs, etc. sont au courant de la transformation de la petite fille. J’ai été vraiment surprise de découvrir cette tradition qui apparemment est toujours pratiquée aujourd’hui.

La trame du roman est d’autant plus intéressante qu’elle met en parallèle deux récits de travestissement entre les années 1900 et les années 2000. Au début du 20ème, on découvre les harems, la royauté en Afghanistan et un espoir d’émancipation pour les femmes. A la fin du même siècle, on voit les dégâts de l’invasion soviétique, la terreur des Talibans, les bombardements américains et l’émancipation qui n’est, au final, jamais venue.

L’écriture de Nadia Hashimi m’a parue assez neutre et pas particulièrement marquante.  Mais elle arrive à susciter un attachement immédiat pour Rahima et Shekiba qui vivent les pires des épreuves et pour lesquelles on ne peut s’empêcher, à chaque page, d’espérer une porte de sortie à cet enfer.

En résumé, un récit ravageur et passionnant, qui nous en apprend plus sur le sort des femmes en Afghanistan. 

Nadia Hashimi, «La Perle et la Coquille» (titre original: The Pearl that Broke Its Shell), chez les Editions de la Loupe et Milady, 2017. 

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