« The Handmaid’s Tale »: la « Servante écarlate » en série

Cette fois, je me plonge dans l’adaptation du roman de Margareth Atwood. Une brutale confrontation, mais qui manque un peu de subtilité.

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Dans un avenir proche, en raison de la pollution environnementale, la fécondité a drastiquement baissé. Une secte politico-religieuse va alors provoquer un coup d’état et instaurer une dictature religieuse et fascisante. C’est ainsi que naît la République de Gilead. Dans cette « république », les hommes occupent toutes les positions de pouvoir et les femmes leurs sont totalement soumises. Elles ne peuvent ni travailler, ni utiliser de l’argent, ni être propriétaires, ni lire. Pour remédier au problème de fécondité, les classes dirigeantes peuvent obtenir les services d’une servante écarlate: des femmes réduites en esclavage, car elles sont fécondes et peuvent porter des enfants pour les couples en manque d’enfants.

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Il y a quelques mois, j’ai lu le roman de Margareth Atwood (la chronique ici). J’ai donc enfin pu me lancer dans le visionnage de la série. «The Handmaid’s Tale», créée par Bruce Miller, est réalisée en collaboration avec Margareth Atwood qui est productrice et consultante. Elle contient à l’heure actuelle deux saisons: la première qui suit le déroulement du livre et la deuxième qui propose une suite à l’histoire, car le roman laisse une fin totalement ouverte.

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De manière générale, la première saison est une très bonne adaptation du livre d’Atwood. L’histoire est globalement la même, avec quelques modifications pour rendre l’univers plus proche du nôtre (le livre date des années 1980). Mais l’horreur du monde de Gilead est parfaitement retranscrite. En plus, la création d’Atwood avec ses servantes en rouge et blanc est très esthétisant.

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Un des changements majeurs est la personnalité de June, la protagoniste principale, beaucoup plus rebelle dans la série que dans le livre. Le choix peut se justifier pour ajouter du dynamisme à la série, car le côté très introspectif, un peu contemplatif du livre n’est pas forcément adapté pour un format filmé. On trouve également des développements sur certains points laissés un peu flou dans le livre, notamment concernant la mise en place de la dictature. Une des différences notables est que l’univers de Gilead dans la série n’est pas raciste, puisqu’on y voit des hommes noirs aux postes de pouvoir, alors que, dans le livre, on sous-entend que Gilead est une république blanche. De plus, la série est servie par un très bon casting avec notamment Elisabeth Moss et Yvonne Strahovski qui sont superbes. Ainsi que Joseph Fiennes qui incarne à merveille le commandant Waterford, un homme à la fois attirant et repoussant.

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Si j’ai vraiment apprécié la saison 1, je suis plus mitigée sur la saison 2, notamment sur sa façon d’aborder le thème de la maternité. Il est sous-entendu dans la série que les servantes aiment l’enfant qu’elles portent. C’est assez problématique, car il faut rappeler que ces enfants sont le produit de viols répétés. Ce sont des grossesses forcées. Il y a aussi une espèce de sacralisation biologique de la maternité où les vraies mères biologiques sont celles qui sont les plus aptes à s’occuper des enfants. Cette deuxième saison est aussi extrêmement violente, sadique et désespérante. La fin de la saison sous-entend également qu’être mère est plus important que tout. C’est assez tordu de dénoncer une société violente et esclavagiste qui instrumentalise la fonction reproductive des femmes et puis, ensuite, dire que cette fonction reproductive est au-dessus de tout. J’ose supposer que le but du créateur était de montrer que les servantes ont besoin de trouver un moyen de survivre dans ce monde horrible et qu’aimer un enfant, même non-désiré, peut être un moyen de sauver sa santé mentale. Cependant, le message est franchement brouillé.

En résumé, une série choc qui mérite le coup d’œil, mais dont la qualité du développement est encore incertaine. 

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7 réflexions sur “« The Handmaid’s Tale »: la « Servante écarlate » en série

  1. Aaaaah ! Je n’ai pas encore vu la Saison 2. J’avais compris qu’elle était plutôt violente.
    Je suis un peu circonspecte dans la mesure où ce n’est plus l’adaptation du roman. Il y a forcément un projet sous-jacent, une réaction contemporaine à la politique américaine, je me méfierais. Merci en tout cas de cet éclairage !
    J’ai beaucoup aimé l’esthétique de la série, et les réponses que Margaret Atwood déteste donner dans ses livres 😀 😀 😀

  2. J’ai beaucoup aimé la saison 1 qui est une très bonne adaptation. Tu parles du côté contemplatif et intropesectif de l’œuvre d’Atwood. C’est vrai qu’on ne le retrouve pas dans les personnages ou le déroulement de l’histoire, mais je trouve qu’on le trouve dans la manière de filmer. C’est lent, on s’attarde sur de beaux tableaux… J’ai bien aimé la saison 2 aussi avec la révolte silencieuse des femmes (pour le moment), mais j’ai détesté la fin que j’ai trouvée totalement illogique, mais qui garantissait une saison 3…

  3. Je comprends ce que tu veux dire sur la maternité. Après, je me dis que les servantes ont déjà toutes été mères, on leur a retiré leurs enfants, il y a ptet aussi une espèce de manque à combler, ou un truc qui se remet en route malgré elles. Je me posais plein de questions lors de ma première grossesse (genre vais-je aimer cet enfant que je ne connais pas)… bon ben la question ne s’est plus posée pour les suivantes. Mais tu as sans doute raison, statistiquement il devrait bien y avoir des handmaids qui sont soulagées de laisser leurs bébés. Ptet juste on ne nous les montre pas. Ou alors les bébés sont devenus tellement rares que c’est devenu impossible de ne pas s’y attacher ?

    1. Effectivement, on peut imaginer plein d’explications différentes, vu que le message de la deuxième saison est un peu confus…Mais je suis quand même curieuse de voir la 3ème saison pour voir comment le réalisateur s’en sort…

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