Notre-Dame du Nil / Scholastique Mukasonga

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Rwanda, au début des années 1970. Dans un internat catholique pour jeunes filles de bonnes familles, les soucis quotidiens des adolescentes se mêlent aux tensions entre Tutsis et Hutus. Les jeunes filles des deux ethnies se toisent, se disputent, mais se lient aussi d’amitié parfois. Mais, la tension dans le pays ne cesse d’augmenter et n’épargne pas le petit lycée perché sur une colline.

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«Notre-Dame du Nil» est un livre que je souhaitais lire depuis longtemps, car je n’ai encore jamais lu de romans traitant du Rwanda. Au final, c’est une lecture assez mitigée, car si le livre m’a totalement convaincue sur le fond, j’ai eu un peu de mal avec la forme.

Scholastique Mukasonga nous emmène au Rwanda, après la décolonisation, mais avant le génocide. Dans le lycée qu’elle dépeint sont scolarisées des jeunes filles hutus et un quotas de jeunes Tutsis. L’ambiance délétère qui règne dans le pays déteint même sur les adolescentes de Notre-Dame du Nil. Les Hutus et les Tutsis se fréquentent le moins possible, même si quelques jeunes filles résistent et continuent de se parler peu importe leur origine. Mais la situation va finir par dégénérer dans la terreur et dans le sang.

Ce qui est particulièrement notable dans ce roman, c’est de voir comment des paroles, des rumeurs, de informations volontairement mensongères se transforment en folie meurtrière, pierre après pierre. On voit aussi l’influence du colonisateur qui a amplifié une division sociale existante entre les deux ethnies en développant l’idée que les Tutsis étaient originaire de la région du Nil ou d’origine juive, alors que les analyses génétiques actuelles montrent qu’il n’y a pas de vraies différences entre les Hutus et les Tutsis.

Deux choses m’ont cependant dérangées dans ce roman. Tout d’abord un style que j’ai eu de la peine à apprécier, très sec, très journalistique, qui ne me semblait pas coller à l’histoire. Enfin, la première partie de l’histoire est un peu ennuyeuse, les adolescentes que l’on suit sont des personnages assez futiles et désagréables et il n’est pas facile de les distinguer les unes des autres. Le style très froid rend aussi l’attachement aux personnages presque impossible.

En résumé, c’est un roman dont le contenu est essentiel concernant les origines du génocide rwandais, mais dont la forme laissera probablement certaines personnes perplexes. 

Scholastique Mukasonga, «Notre-Dame du Nil», chez Gallimard et Folio, 2012.

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