La Tresse / Laetitia Colombani

C’est le genre de moment où j’aurais dû suivre mon instinct qui me disait de reposer ce livre…

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En Inde, Smita est une Intouchable. Vivant dans la misère, elle souhaite que sa fille puisse aller à l’école et échapper à la vie indigne des Intouchables.
En Sicile, Giulia travaille dans l’atelier de fabrication de perruques de son père. Mais, un accident dont il est victime déstabilise toute la famille.
Au Canada, Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.

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Pour une fois, par opportunisme et parce que je l’avais sous la main, j’ai lu un livre à la mode. Et sincèrement, c’était une belle perte de temps (heureusement, pas très long).

Alors, on ne peut pas nier que la trame de l’histoire est ingénieuse, puisqu’elle mélange les destins de trois femmes, les tressent entre eux, comme la précieuse matière qu’est le cheveu. Cela aurait pu être un très bon roman…s’il avait été bien écrit.

Premier problème: des clichés à la pelle (au tractopelle, plutôt). Ceux qui m’ont le plus frappés sont ceux sur la Sicile. Oui, la Sicile, c’est le Sud de l’Italie, les traditions, la famille, etc. Mais de là à se contenter de dépeindre les hommes siciliens comme bêtes et fanfarons et les mères siciliennes comme de vieilles dragonnes, il y avait un pas à ne pas franchir. De plus, sachant que la ville de Palerme où vit Giulia est une ville universitaire, je ne pense pas qu’elle soit peuplée uniquement de goujats étroits d’esprit.

Ensuite, que dire du portrait de l’avocate brillante qu’on a vu des centaines de fois. A la limite, le portrait de Smita, cette mère-courage indienne, aurait pu être intéressant. Mais l’autrice peine tellement à donner vie à ses personnages que chacune des paroles de Smita semble être des résumés de pages Wikipédia sur la condition des femmes et des Intouchables en Inde. On sent à des kilomètres le discours occidental fourré dans la bouche de cette protagoniste indienne.

Ajoutons à ça, un scénario cousu de fil blanc et une écriture simpliste, répétitive et incapable de transmettre la moindre émotion et vous avez la recette de ce roman. Le plus énervant, c’est qu’en le lisant, on sent presque la maison d’édition qui se frotte les mains en disant «Ça, ça va se vendre! C’est simpliste, c’est court, c’est un peu larmoyant, ça parle de problèmes de femmes».

En résumé, trop de bruit pour un roman de gare…

Laetitia Colombani, «La tresse», chez Grasset et Le Livre de Poche, 2017.

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4 réflexions sur “La Tresse / Laetitia Colombani

  1. je l’ai lu sur ma liseuse et je l’ai trouvé très simplet aussi. Par contre j’ai bien aimé le portrait de la mère Indienne, c’est celui qui (peut être le seul) qui m’a touchée sincèrement.

    1. Alors oui c’est vrai que ses conditions de vie sont tellement difficile qu’il est difficile de rester totalement de marbre. Mais vu l’écriture je n’ai as pu rentrer dedans…

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