La Curée / Émile Zola

Plongée dans le 2ème roman de la saga des Rougon-Macquart, une histoire où l’avidité détruit tout sur son passage.

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Paris, début des années 1870. Aristide Rougon, dit Saccard, est un homme arriviste, prêt à tout pour devenir riche. Il monte à Paris dans le but de «devenir quelqu’un». Avec l’aide de son frère, Eugène, un ministre du Second Empire, il décroche un petit emploi mal payé. Mais, qui lui donnera accès aux secrets des bouleversements architecturaux de Paris, lui permettant de se lancer dans la « curée », c’est-à-dire le dépeçage de Paris et la spéculation immobilière. L’argent va alors couler à flots!

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Je continue mon voyage chronologique dans les Rougon-Macquart avec le deuxième roman, «La Curée», qui nous emmène à la suite d’Aristide Saccard, un homme rongé par l’avidité, prêt à toutes les immoralités pour accroître son butin, y compris se réjouir de la mort de sa première femme et de complètement spolier la suivante. Si cela vous parait déjà pas mal, je vous assure qu’il y a pire encore dans cette histoire, mais je ne vais pas tout vous révéler. J’ai lu sept des romans de la saga des Rougon-Macquart, dont certains il y fort longtemps, mais j’ai l’impression que Saccard est probablement l’un des pires personnages rencontrés dans l’oeuvre de Zola.

Comme toujours avec Zola, on entre dans la société de l’époque avec l’impression d’y être. On découvre ici la folie de la spéculation immobilière liée à la construction des boulevards haussmanniens, qui consistait à racheter des immeubles sur le trajet futur des boulevards, à faire augmenter de manière faramineuse la valeur locative de ces immeubles et ensuite de se faire dédommager par l’État de manière totalement exagérée quand la maison devait être détruite pour construire lesdits boulevards.

On trouve aussi dans «La Curée» une histoire d’amour malheureuse entre la seconde femme de Saccard, Renée, et un jeune homme que je vous laisse découvrir. Globalement, j’ai peu accroché à cette partie de l’histoire –à part pour le passage quasiment érotique, situé dans une serre et décrit d’une manière incroyable par Zola (ci-dessous)- et c’est probablement pour cela que ce tome fait partie de la queue de peloton de mes Rougon-Macquart préférés

A ses pieds, le bassin, la masse d’eau chaude, épaissie par les sucs des racines flottantes, fumait, mettait à ses épaules un manteau de vapeurs lourdes, une buée qui lui chauffait la peau, comme l’attouchement d’une main moite de volupté. […] Un parfum indéfinissable, fort, excitant, traînait, fait de mille parfums: sueurs humaines, haleines de femmes, senteurs de chevelures; et des souffles doux et fades jusqu’à l’évanouissement, étaient coupés par des souffles pestilentiels, rudes, chargés de poisons. Mais, dans cette musique étrange des odeurs, la phrase mélodique qui revenait toujours, dominant, étouffant les tendresses de la Vanille et les acuités des orchidées, c’était cette odeur humaine, pénétrante, sensuelle, cette odeur d’amour qui s’échappe le matin de la chambre close de deux jeunes époux.

Le personnage de Renée permet aussi à Zola de dénoncer la situation des femmes à l’époque, puisque l’on est face à une jeune fille de bonne famille, violée et enceinte que l’on va marier à un arriviste ignoble qui causera sa perte, «juste» pour éviter le scandale.

En résumé, même si un peu moins passionnant que d’autres, «La Curée» est un tome toujours aussi magistralement écrit qui mérite qu’on s’y attarde.

Émile Zola, «La Curée», 1871, disponible dans toutes les éditions possibles et imaginables. Disponible gratuitement en e-book. 

Mes autres chroniques sur les Rougon-Macquart : Au Bonheur des Dames / La Fortune des Rougon

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3 réflexions sur “La Curée / Émile Zola

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