« V pour Vendetta »: le comic et le film

Et si nous comparions un classique de la B.D. et son adaptation cinématographique?

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Dans cette société anglaise qui a survécu à une guerre nucléaire internationale, un parti fasciste prend le pouvoir et procède à une épuration qui vise les étrangers, les homosexuelles et tous les dissidents. Mais un grain de sable vient perturber la machine impitoyable, car un mystérieux homme masqué, surnommé « V », s’attaque à tous les symboles du pouvoir. Il profite d’une de ses actions nocturnes pour sauver des griffes de la police du régime une jeune fille prénommée Evey.

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000789414.jpg«V pour Vendetta» est une série de B.D. publiée dans les années 1980, scénarisée par Alan Moore et illustrée par David Lloyd. C’est une oeuvre, écrite en réaction aux années Thatcher, où un monde violent et totalitaire est dépeint. Elle oppose l’anarchisme au fascisme au travers de V, un étrange personnage, au langage sentencieux, extrême et bien décidé à tout faire sauter. «V pour Vendetta» est une bande-dessinée très sombre, comme le désir de vengeance de son héros. Le noir est la couleur majoritaire dans les cases, accompagné de jaune, de vert, de violet un peu fade, renforçant l’enfermement et le malaise qui émanent de cette société. C’est également un comic complexe, car l’arrangement des cases n’est pas totalement linéaire et mélange parfois plusieurs scènes. Globalement, j’ai apprécié la lecture de ce comic engagé et élaboré (avec un personnage féminin qui évolue et gagne en pouvoir), même si je suis totalement insensible à l’esthétique du dessin et que j’avais de la peine à différencier les personnages masculins qui pour moi se ressemblaient tous.

IMG_1058.jpg«V pour Vendetta» est un film de 2006, scénarisé par les Wachowski et réalisé par James McTeigue. Dans les grandes lignes, le scénario du film est proche de l’histoire originale. Même si, bien sûr, le format cinéma demande un bon nombre de coupures. « V » y est interprété par Hugo Weaving (dont on ne voit jamais le visage) et Evey par Natalie Portman qui sacrifie sa chevelure pour le film. Globalement, c’est n’est pas un chef d’oeuvre. De mon point de vue, il n’y a pas de problèmes avec les modifications faites par les scénaristes, car cela ne trahi pas l’esprit de la B.D. Par contre, il est difficile de se passionner pour le film, car l’univers et l’ambiance y sont nettement moins noirs que dans l’oeuvre originale. Dans la B.D. on sent que les personnages vivent sous une chape de plomb. Dans le film, assez peu, et cela annihile une partie du suspens. De plus, «V pour Vendetta» a un petit côté film de super-héros avec des moments plus légers et, pour moi, cela nuit à l’atmosphère. Bref, c’est un film que j’ai regardé d’un œil un peu distrait. Il passe le test Bechdel de justesse et on peut regretter que le film laisse moins de place à l’héroïne que la BD.

En résumé, la victoire revient au comic, car le film est une bonne adaptation, mais pas forcément un très bon film.  

Alan Moore et David Lloyd, «V pour Vendetta» (titre original: V for Vendetta), chez Delcourt, chez Panini Comics et Urban Comics, 1999.

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