La Servante écarlate / Margareth Atwood

Depuis son adaptation en série, vous l’avez vu partout. Mais, son succès n’est pas immérité. Au contraire, c’est l’un des livres les plus inquiétants et les plus actuels que j’ai lu ces dernières années.

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Dans un futur dystopique, ce qui reste des États-Unis est devenu une théocratie totalitaire, la république de Gilead. Dans cette société, les femmes sont divisées en cinq classes: les Épouses, seules femmes ayant du pouvoir; les Marthas qui sont des domestiques; les Tantes qui forment les futures Servantes écarlates; les Econo-femmes, classe pauvre; et enfin les Servantes écarlates dont le rôle est la reproduction. Effectivement, dans ce monde pollué, la natalité a énormément baissé, alors l’État contrôle totalement la reproduction féminine. Les autres femmes; infertiles, lesbiennes, rebelles; sont déportées dans des colonies où elles manipulent des déchets toxiques et travaillent aux champs. L’héroïne du roman, une Servante écarlate, y raconte son quotidien et se remémore sa vie passée quand le monde était encore libre.

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Enfin, j’ai eu le temps de lire le fameux livre de Margareth Atwood! Et vu la qualité de ce roman, je ne regrette pas de m’être retenue de regarder la série (car oui, je n’aime pas regarder l’adaptation d’une oeuvre avant l’oeuvre elle-même)! Ce roman dystopique a été pour moi un vrai coup de cœur, une lecture que l’on devrait presque rendre obligatoire.

«La Servante écarlate», c’est le roman qui réveille votre vigilance. Le roman qui vous rappelle que les droits dont vous profitez ne sont pas acquis et que nous ne devons pas oublier «qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question», comme le disait Simone de Beauvoir.

Le roman nous transporte dans un monde bouleversé, pollué, surexploité, victime du terrorisme qui a basculé dans le totalitarisme religieux. Une doctrine qui ne tolère aucun autre courant de pensée, les dissidents sont exécutés; aucune futilité, les Arts sont tous prohibés et où les femmes sont réduites à leur capacité à enfanter. L’aspect le plus inquiétant de «La Servante écarlate» est que la société «pré-basculement» a d’étranges ressemblances avec la nôtre quand on pense notamment aux phénomènes climatiques de plus en plus violents, aux attaques terroristes et aux leaders politiques populistes qui jouent sur la peur des gens!

En plus d’être un roman totalement visionnaire (écrit à la fin des années 80!), «La Servante écarlate» est une oeuvre subtilement écrite qui arrive à vous faire pénétrer dans un univers inconnu, sans pour autant vous imposer une revue en détails de toutes les particularités dudit univers. On apprend à connaitre Gilead à travers les yeux de Defred, l’héroïne, de manière non-linéaire, avec ses souvenirs, parfois confus, ses rêves, son quotidien. Chaque jour apporte plus de détails sur ce monde terrifiant. Le style de Margareth Atwood est vraiment magnifique, exigeant et tout en suggestion, ce qui lui permet de relater des faits très durs, sans pour autant basculer dans le gore.

En résumé, une lecture OBLIGATOIRE! Et je ne manquerai pas de vous faire un retour sur l’adaptation du roman en série!

Margareth Atwood,  «La Servante écarlate» (titre original: The Handmaid’s Tale), chez Robert Laffont, 1985.

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6 réflexions sur “La Servante écarlate / Margareth Atwood

  1. Je l’ai effectivement trouvé très intéressant aussi ! Par contre, je n’ai pas encore fini la saison 1 mais le ton est assez différent, Offred est beaucoup plus active et combattante 🙂 ça change !

  2. J’ai beaucoup aimé le livre après avoir vu une partie de l’adaptation de la première saison. J’ai ensuite continué à découvrir les autres romans de l’auteur et je confesse que si ses idées sont géniales, dérangeantes, elle a quand même cette fichue habitude de ne jamais les terminer, de ne pas trancher, de laisser la porte ouverte à toutes les conclusions ^^ et à la fin, ça énerve. Comme Simak, elle envisage le futur, fouille dans les sentiments humains mais nous laisse un peu en plan. D’un côté c’est agréable de pouvoir imaginer sa fin, d’un autre côté, c’est un peu frustrant.

    1. C’est mon premier Margareth Atwood donc je ne peux pas encore me prononcer, mais c’est vrai que la fin de ce roman est totalement ouverte…moi, j’apprécie plutôt ça en général!

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