Vent de sang / Nele Neuhaus

Dans ce roman policier, qui sème le vent…récolte la tempête de sang…

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Allemagne, 2008. Les inspecteurs Oliver von Bodenstein et Pia Kirchhoff sont appelés pour le décès suspect du vigile d’une entreprise active dans l’énergie éolienne. Cette mort étrange se produit dans un contexte tendu. Effectivement, la société WindPro s’apprête à construire un parc d’éoliennes, un projet combattu par une association de riverains. L’affrontement entre l’entreprise et les opposants est si violent qu’une réunion dégénère en émeute. Entre intérêts économiques, idéaux écologistes et vieilles rancœurs, les inspecteurs sont rapidement perdus. Et cela ne s’arrange pas avec un deuxième décès, un meurtre de toute évidence cette fois.

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J’étais assez enthousiaste avant la lecture de ce policier qui a atterri, comme souvent, par hasard dans mes mains. Le contexte de conflit économico-écologique et le fait qu’il se déroule en Allemagne augurait quelque chose de pas forcément révolutionnaire, mais d’un peu moins lambda. Globalement, le résultat est sympathique, mais avec 2-3 défauts un peu irritants.

«Vent de sang» fait partie d’une série de romans de l’autrice Nele Neuhaus qui met en scène le duo de policiers Bodenstein-Kirchhoff. Il s’agit du 5ème volet de la saga. Comme la plupart des policiers de ce genre, il est assez facile de rentrer dans l’histoire en ignorant tout des personnages.

«Vent de sang» possède un critère de validation essentiel afin que j’apprécie un roman policier: une intrigue complexe où tous les protagonistes finissent par nous paraître suspects et où l’on ne devine que tardivement l’identité du coupable. L’autrice ne fait pas dans le simplisme, il y a plusieurs intrigues imbriquées, beaucoup de personnages. Ce n’est pas toujours facile à suivre, mais je n’aime pas qu’on me prémâche ma lecture. Donc, si vous cherchez un roman policier prenant et bien construit, je pense que «Vent de sang» répond au cahier des charges.

Cependant, deux éléments ont un peu gâché ma lecture. Tout d’abord, le fait que le pendant masculin du duo soit un peu trop naïf pour un inspecteur de haut vol. L’homme va vivre plusieurs mésaventures, dont une histoire de chantage, qui, si on agit de manière logique, se résout assez facilement.

Enfin, l’autrice se base pour construire certains éléments de son histoire sur un scandale qui a défrayé la chronique il y a quelques années: l’incident des e-mails du Climatic Research Unit. Ce leak d’emails provenant de climatologues donnait à penser que le réchauffement climatique était largement exagéré pour favoriser le développement économique des énergies renouvelables. Pour la faire courte, au final, l’histoire est bien plus compliquée que ça, mais les climato-sceptiques ont eu le temps et l’occasion de s’emparer de ce «scandale» et d’aller faire plus de forages pétroliers. Dans le roman de Nele Neuhaus, cette affaire est montrée de manière hyper-simpliste, en mode théorie du complot, une chose qui m’a fortement dérangée.

En résumé, sans le délire climato-sceptique, j’aurais pu trouver ce polar tout à fait honorable. 

Nele Neuhaus, «Vent de sang» (titre original: Wer Wind sät), chez Actes Sud et Babel noir, 2015.

 

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