Life / Keith Richards

«On me demande souvent : «Pourquoi tu ne t’arrêtes pas ?» Je prendrai ma retraite quand j’aurai cassé ma pipe. Je crois qu’ils ne calculent pas vraiment ce que la musique représente pour moi. Je ne fais pas ça pour l’argent, ni pour vous. Je fais ça pour moi.»

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A 66 ans, Keith Richards, le guitariste du mythique groupe des Rolling Stones livre son autobiographie. Un récit fidèle à l’image facétieuse et provocatrice du musicien qui se place toujours dans le haut du classement des 100 plus grands guitaristes de tous les temps.

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Je ne suis pas une grande fan des Rolling Stones. Si j’ai commencé cette lecture, c’est plutôt par curiosité et par fascination pour les vies rock’n’roll.

«Life» est un récit autobiographique a deux mains, puisque Keith Richards dans s’est fait aider par un écrivain, James Fox. Le tout ressemble à un grand monologue du musicien qui, malgré un cadre temporel chronologique, vous parle de ce qu’il veut, quand il veut. Les thèmes abordés sont l’enfance de Keith Richards, sa découverte de la musique, l’errance durant l’adolescence, puis la formation du groupe. Viennent ensuite le succès, la construction d’une identité musicale pour le groupe, les ravages de la drogue dans les années 1980, les soucis avec la justice et les problèmes interpersonnels entre les membres des Rolling Stones. Keith Richard aborde aussi largement sa vie sentimentale et familiale qui, comme le reste de sa vie, n’a pas été de tout repos.

Le récit d’enfance du musicien m’a particulièrement intéressé parce qu’il donne un aperçu de l’Angleterre pendant et après la Deuxième Guerre mondiale (Keith Richards est tout de même né en 1943…). Les problèmes avec la justice des membres du groupe sont également assez édifiants concernant la faillite de l’institution à l’époque. Effectivement, les membres, qui sont des consommateurs patentés de stupéfiants, sont harcelés par la police et devront subir plusieurs procès avec de chefs d’accusation aussi sévères que si le groupe était une filiale de Pablo Escobar. Il faut se souvenir, qu’à l’époque, les Rolling Stones représentaient l’antithèse des charmants Beatles, un groupe de gars pas très propres sur eux et mal-élevés. En résumé, une insulte à la morale.

Si vous êtes musicien ou complètement passionné de rock, vous adorerez probablement les explications de Keith sur la naissance de la musique des Stones, sur son évolution de guitariste et sur toutes leurs influences historiques. Par contre, le pavé que représente «Life» a commencé à ne plus me passionner dans le dernier tiers. Effectivement, cette partie s’attarde sur les problèmes de drogues et sur la brouille entre Richards et Mick Jagger. Cette dernière portion, de mon point de vue, respire la mauvaise foi, car Richards navigue entre l’explication sans fard de son addiction à l’héroïne et entre une négation de l’impact de son problème sur le groupe. Il critique l’autoritarisme de Mick Jagger, mais en lisant le récit de Keith Richard, on se rend compte qu’il n’est pas très facile à vivre non plus et particulièrement égocentrique.

Si vous n’appréciez pas de vous mettre dans la peau de personnes moralement discutables, cette autobiographie n’est pas pour vous non plus. Soyons clairs, en tant que musicien Keith Richards est admirable et probablement exceptionnel. En tant qu’être humain, il assez critiquable.

En résumé, une autobiographie qui séduira les fans de rock ou les guitaristes passionné-e-s, plutôt que le tout-venant. 

Keith Richard, «Life», chez Robert Laffont et Points, 

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