« Mudbound », de la boue, du sang et des larmes

Difficile de résister face à la curiosité d’un film Netflix nommé aux Oscars…

0714fac1067c800849a39a8031e8e297a8cdcde4.jpg

2

Mississippi, années 1940. La famille McAllan quitte la ville et achète un domaine agricole dans la vallée du Mississippi. Dans ces terres boueuses et inhospitalières, ils découvrent la difficile vie d’agriculteurs. Les McAllan pour cultiver leurs terres ont à leur disposition la famille Jackson, une famille afro-américaine qui rêve d’être indépendante un jour. Malgré leur différence, les deux familles ont un point commun: un frère ou un fils qui se bat en Europe et qui va revenir marqué par son expérience.

1

«Mudbound» de Dee Rees a fait pas mal parler de lui, car il est le premier film Netflix à être nommé aux Oscars et il a également été très bien accueilli outre-Atlantique. Ayant été séduite par «Okja», je suis partie confiante. Pour être, au final, un peu déçue.

«Mudbound» est un drame historique qui nous plonge dans le sud des États-unis, avant même les balbutiements du mouvement des droits civiques. Si les Noirs américains sont libérés de leurs chaînes d’esclave, ils sont maintenant accablés par leur pauvreté et par la toute-puissance des Blancs qui les traitent comme des moins-que-rien et qui sont les seuls en mesure de leur donner du travail, donc de déterminer leur survie.

Mudbound5.jpg

«Mudbound», même s’il parle de la différence, est un film sur les liens: les liens que l’on partage en vivant sur la même terre, en partageant les atrocités de la guerre, les liens que peuvent partager deux femmes, peu importe leur couleur, dans leur volonté de protéger leur famille. Il est aussi très intéressant de traiter du thème des soldats afro-américains qui reviennent d’Europe, où ils ont été traités en héros, et qui, dans leur pays natal, reprennent leur statut d’hommes sans droits.

Esthétiquement, le film n’est pas vilain et transmet bien l’atmosphère un peu lourde qui règne de cette plaine du Mississippi, malgré les grands espaces ouverts. Le film commence par les scènes finales, ce qui donne une tension intéressante. Le casting est séduisant quoique un peu inégal. Autant Carey Mulligan, Jason Clarke et Rob Morgan sont convaincants, autant Jason Mitchell est un peu plat.

Mudbound.jpg

Mais plusieurs éléments m’ont posée problème. Tout d’abord, les voix-off, un exercice difficile et pas toujours convaincant qui ici n’échappe pas à la règle. Elles sont lourdes et n’apportent rien. Ensuite, le film a un problème de rythme. Il se passe peu de chose dans la première moitié du film, puis les événements dramatiques se précipitent sur la fin. Enfin, il y a un problème d’enchaînement dans «Mudbound». Le lien qui va s’installer entre les deux jeunes hommes revenus de la guerre est trop rapide pour être crédible. Il faut se rappeler que Jamie McAllan provient d’une famille blanche raciste, dont le père à des affinités avec le Ku Klux Klan, donc même si l’expérience de la guerre qu’il partage avec Ronsel Jackson peut créer des liens, ici tout semble trop précipité. L’intervention du Ku Klux Klan semble également un peu tomber du ciel, même je veux bien imaginer que dans ces années-là, on trouvait, dans cette région, un membre sous chaque pierre.

Le test Bechdel:

Le film passe le test.

En résumé, un film intéressant, mais on est encore loin du chef-d’oeuvre que Netflix espère produire un jour.

 

Publicités

2 réflexions sur “« Mudbound », de la boue, du sang et des larmes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s