Fun Home: une tragicomédie familiale / Alison Bechdel

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Alison Bechdel est une dessinatrice de bande dessinée. Dans cette œuvre autobiographique, elle explore particulièrement sa relation avec son père; un homme froid, exigeant et obsédé par la rénovation de sa maison. Un homme qu’elle a, à la fois, aimé et détesté et qui cachait un grand secret. Elle raconte son enfance dans une ambiance glaciale, la survenue de troubles obsessionnels compulsifs, puis le soupçon et la découverte de son homosexualité.

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Impressionnant est le premier mot qui me vient à l’esprit en sortant de la lecture de «Fun Home». Alison Bechdel, vous en avez entendu parler si vous lisez mon blog, puisqu’elle est l’autrice du fameux test Bechdel qui permet d’analyser la représentation des femmes dans les films. Alors, il était temps que je me plonge dans la lecture de son œuvre la plus connue et la plus récompensée.

«Fun Home» est un roman graphique de 230 pages, qui utilise la technique du line art et qui se présente dans un dégradé de vert-gris à l’aquarelle. C’est probablement le roman graphique le plus érudit que j’ai lu jusqu’à aujourd’hui. En plus d’aborder des thèmes aussi complexes que l’orientation sexuelle, le suicide et les relations familiales; le dessin, la structure narrative, les références sont toutes extrêmement fines et recherchées. L’histoire racontée par Alison Bechdel n’est pas chronologique, mais montre souvent les situations sous plusieurs éclairages. Le dessin d’Alison Bechdel est très détaillé, particulièrement les arrière-plans qui permettent toujours de visualiser parfaitement l’environnement des personnages.

mpub9739969-00000009b.jpgCependant, le plus impressionnant (et le plus intimidant) ce sont les multiples références littéraires et mythologiques de Bechdel pour analyser et mettre en perspective sa relation complexe avec son père. Colette, Camus, Proust, James Joyce et Henry James ne sont que quelques unes des références citées par Alison Bechdel. Evidemment, ces références compliquent la lecture, mais, même si l’on ne maîtrise pas toutes les références, les émotions qu’arrive à faire passer la dessinatrice quand elle raconte sa difficile quête d’identité et sa relation d’amour-haine avec son père permettent de rendre le roman plus accessible.

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Le seul point qui m’a perturbée est le visage des personnages que j’ai trouvé peu expressif, mais je ne sais pas si c’est lié au style de l’artiste ou une façon supplémentaire de montrer l’ambiance froide qui régnait dans la maison d’enfance d’Alison Bechdel. C’est une lecture que j’ai faite en V.O., et même si c’est un roman graphique, je ne recommande pas la lecture en anglais de cette œuvre aux personnes qui n’ont pas l’habitude, car le vocabulaire et les références sont exigeants.

En résumé, un roman graphique profond, touchant et érudit, qui vaut la peine de prendre le risque de ne pas forcément comprendre tout dans les moindres détails.

Alison Bechdel, «Fun Home: une tragicomédie familiale» (titre original: Fun Home: A Family Tragicomic), chez Turtleback Books (V.O.) et Points (V.F.), 2006. 

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