Traces / Serge Heughebaert

Chronique d’un roman qui semblait traiter de la relation étonnante d’une grand-mère et de sa petite-fille, mais qui, au final, déçoit.

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Suisse, années 1940, dans un petit village de montagne. Josy, violée par un assistant de Hitchcock, est enceinte. Contre la volonté paternelle, elle décide de garder l’enfant et s’enfuit. Elle accouche d’un petit garçon qu’elle nommera Wilfrid. Ce dernier, une fois adulte, va épouser une danseuse de salsa cubaine, mère d’une fillette, Elaine. Peu attachée à son fils, Josy va cependant se lier très fortement à Elaine, une fillette mélancolique qui va devenir une adolescente rebelle et révoltée.

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J’étais assez curieuse de ce roman publié par la maison d’édition suisse L’Âge d’Homme et de cette histoire entre une grand-mère et sa petite fille. Malheureusement, cette lecture a été une déception.

L’histoire nous emporte d’abord dans un petit hameau agricole. Josy y mène une vie monotone et sévère sous la coupe d’un père très religieux. Sa seule source de distraction est Ruth, une jeune juive allemande réfugiée en Suisse qui vit et travaille à la ferme de la famille de Josy. Un jour, elle fera la rencontre de touristes en balade. Il s’agira d’Hitchcock, d’une de ses amies et de son assistant. L’assistant, fasciné par la beauté naturelle de Josy, va la prendre en photo, puis abuser de son innocence pour la violer. Comme un malheur n’arrive jamais seule, elle va tomber enceinte et devoir s’enfuir devant la colère de son père. Puis l’histoire fait un saut temporel d’environ 40 ans où l’on découvre Wilfrid, le fils de Josy, un chirurgien obstétricien froid et mal à l’aise avec les femmes, qui va être ensorcelé par une très belle danseuse cubaine et s’attacher à sa fragile fillette.

Si le livre est bien écrit, se laisse lire sans problème et est intéressant dans le traitement du personnage d’Elaine, de l’enfance à l’adolescence, plusieurs éléments m’ont posé problème. Tout d’abord, on parle très peu de la vie de Josy. C’est malheureux, car on comprend, entre les lignes, que cette femme a dû avoir une vie intéressante et qu’elle a été très débrouillarde, même si elle a eu du mal à créer un lien avec son fils. A la place, on se concentre sur Wilfrid, un homme pas si intéressant que ça. Finalement, la relation entre Elaine et Josy est également peu exploitée. Deuxièmement, je n’ai pas compris l’intérêt d’attribuer le viol a un assistant d’Hitchcock, car ça n’apporte rien à l’histoire. Cela ressemble plutôt à un détail ajouté pour donner un côté racoleur. Finalement, j’ai trouvé que la partie sur Cuba sentait un peu le cliché. Le côté «ces gens ont le rythme dans la peau» et l’hypersexualisation systématique des femmes latino-américaines m’a exaspérée.

En résumé, malgré une écriture de qualité, c’est un roman qui ne tient pas ses promesses. 

Serge Heughebaert, «Traces», chez L’Âge d’Homme, 2017.

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