Vera Kaplan / Laurent Sagalovitsch

Découverte d’un roman âpre et cinglant, inspiré d’une histoire vraie, qui bouscule notre humanité.

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Israël, Tel Aviv. Après la mort de sa mère, un homme reçoit une lettre adressée à cette dernière en provenance d’un notaire allemand. Le notaire envoie à la défunte l’héritage de sa mère qu’elle n’a jamais connue: un journal intime. L’homme, interloqué, car sa mère ne lui a jamais parlé de sa grand-mère, lit le document et découvre une histoire cruelle et effroyable, située à Berlin, pendant la Deuxième Guerre mondiale. Une histoire de survie et de trahison…

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«Vera Kaplan» fait clairement partie de ces livres qui ne peuvent pas laisser indifférents. C’est aussi un roman que détesteront les adeptes de la division manichéenne entre le noir et le blanc, entre le bien et le mal. C’est un ouvrage qui remue, qui appuie sur des cordes sensibles.

«Vera Kaplan» raconte comment une belle jeune femme juive, pour protéger ses parents et tenter de survivre, va devenir une dénonciatrice de Juifs à la solde de la Gestapo. L’histoire que narre Laurent Sagalovitsch est inspirée d’une histoire vraie, celle de Stella Goldschlag.

Ce roman nous lance à la figure le pire des dilemmes: Avec un canon sur la tempe, ou sur celle de vos proches, jusqu’où iriez-vous pour vous protéger vous et ceux que vous aimez? Seriez-vous prêt à sacrifier les autres pour ceux que vous aimez? Les laisseriez-vous mourir ? Vous laisseriez vous mourir?

En plus de ce questionnement déjà particulièrement difficile, le récit de Vera est plein d’une violente colère…envers ses compatriotes juifs. Effectivement, la jeune fille qu’elle est ne comprend pas la passivité des Juifs face aux discriminations, violences, puis génocide de l’État allemand. Elle dit plus particulièrement sa colère envers ses parents qui auraient pu fuir et qui sont restés.

Ce n’est pas vraiment le genre de point de vue que l’on a l’habitude de lire dans les récits concernant la Deuxième Guerre mondiale. Cela peut être heurtant, mais ce récit est un élan de vie, de survie, presque animal, dans un contexte innommable où personne ne peut préjuger de son comportement. Comme le dit l’auteur, de toute façon, l’histoire d’une jeune fille juive, née dans les années 1920, en Allemagne ne pouvait pas finir bien. Dois-je ajouter que ce roman est aussi bon sur le fond que sur la forme qui est concise, vibrante et extrêmement bien écrite?

En résumé, un livre qui vous tord les boyaux, qui vous retourne…comme je les aime.

Laurent Sagalovitsch, «Vera Kaplan», chez Buchet/Chastel, 2016.

 

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7 réflexions sur “Vera Kaplan / Laurent Sagalovitsch

  1. J’ai vraiment aimé cette lecture aussi ! Un angle qu’on a plutôt tendance à taire, et un personnage qu’on juge d’emblée pour peut-être nuancer notre avis au fil de la lecture…. Remuant !

  2. Je l’avais déjà noté, suite à un autre billet aussi tentant que le tien. J’ai lu Dade city de cet auteur, il y a un certain temps, et j’avais aimé son originalité.

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