À la table des hommes / Sylvie Germain

À la découverte d’un conte philosophique étrange, aux confins de l’être humain et de l’animal.

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Dans une ferme ravagée par un bombardement, un petit cochon survit. Errant dans la forêt, où il tente de fuir les humains survivants du chaos qui cherchent quelque chose à manger. Il découvre dans un terrier, un homme blessé, suintant, plus mort que vivant. En s’approchant de lui l’homme s’accroche à lui et une chose inimaginable se passe. Le cochon se réveille dans le corps de l’homme…

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Si vous cherchez un roman étrange et déroutant avec «À la table des hommes» vous serez servi-e-s. Ce roman de Sylvie Germain est un conte philosophique qui utilise le regard de l’animal pour montrer les travers des êtres humains. La narration se situe, de plus, dans une situation de guerre, de violence et d’extrémisme à époque non identifiée, mais visiblement proche de la nôtre.

Par cette transformation miraculeuse, le petit cochon devenu jeune homme va devoir apprendre à se comporter comme un être humain. Ce qui veut dire se départir de sa tranquillité d’animal, de son insouciance sur les buts, les origines, le temps qui passe. Il va appendre avec amour et émerveillement les mots et les langues, mais aussi se confronter à la haine, à la vengeance et aux idéologies.

«Ils sont en placide accord avec la terre, ils font corps avec elle. La terre, la vie, leur chair, le sang qui circule en eux, la faim autant que la satiété, la course autant que les haltes de délassement, c’est tout un. Ils ne s’inquiètent pas du temps qui passe, ils ignorent ce qu’hier et demain signifient et portent de nostalgie, de soucis ou d’espoirs, ils habitent chaque instant en plénitude, les agréables comme les mauvais, et selon, ils réagissent, s’adaptent.»

Malgré son contenu éminemment philosophique, ce roman se lit facilement et est servi par une très belle plume qui devient poétique lorsqu’elle parle des forêts, du ciel, de la terre. Malheureusement, le roman qui est passionnant durant les aventures du cochon et les débuts du jeune homme (désormais appelé Babel), perd un peu de son rythme lorsque celui-ci quitte son village et se rend en ville. Mais, l’écrivaine arrive tout de même à transmettre le bel enseignement de son conte: il faut garder une part d’animal en nous, comme la corneille qui suit Babel depuis le jour de sa transformation. Comme Babel, il faut donner moins d’importance à nos origines, ne pas regarder en arrière, avancer et surtout savourer de l’instant présent.

En résumé, un excellent roman pour qui s’interroge sur l’être humain et le sens de son existence. 

Sylvie Germain, «À la table des hommes», chez Albin Michel et Le Livre de Poche, 2015.

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2 réflexions sur “À la table des hommes / Sylvie Germain

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