« Sons of Anarchy », une plongée dans le monde des bikers hors la loi

Des motos, des blousons de cuir, le désert californien…Voici une série surprenante qui cache, sous ses airs bruts de décoffrage, un propos plus subtile.

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Au nord de la Californie se joue une lutte de territoires entre différents clubs de motards qui dealent ou s’adonnent au trafic d’armes. Dans la petite ville de Charming, c’est le Sons of Anarchy Motorcycle Club Redwood Original (alias Samcro) qui est aux commandes. Le club est présidé par Clay Morrow, patron du garage Teller-Morrow. Il est secondé par son beau-fils, Jackson Teller, et toute une équipe d’acolytes. Malgré la volonté de contrôler les affaires, les rivalités et l’appât du gain ne cessent de faire dégénérer la situation, apportant son lot de violences. De plus, les affaires de famille des Teller-Morrow n’arrangent pas les choses.

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J’ai passé ces derniers mois devant les sept saisons de «Sons of Anarchy». C’est une série qui, à la base, ne m’attirait pas, ayant une attirance assez limitée pour l’univers des motards. J’imaginais, en plus, une oeuvre pas très intéressante et simpliste. Mais c’est tout le contraire. «Sons of Anarchy» est une série complexe qui multiplie les références shakespeariennes et bibliques, qui n’hésite pas à mener en bateau le spectateur et à questionner sa morale. Voici donc quelques raisons de vous lancer dans le visionnage de cette série sur les chapeaux de roue:

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Le côté anthropologique

Regarder «Sons of Anarchy», c’est se plonger dans un univers inconnu: les clubs de motards hors la loi. Rien à voir avec les clubs qui se réunissent pour faire ronronner leur Harley le dimanche, ici on est plus proche des célèbres Hells Angels. D’ailleurs, Kurt Sutter, le créateur de la série, s’est imprégné de cet univers en fréquentant un de ces clubs et l’acteur David Labrava qui interprète Happy, est un vrai membre des Hells Angels. On découvre donc dans cette série un microcosme avec ses codes, ses règles, sa hiérarchie.

Un sens moral un peu particulier

Les membres des «Sons of Anarchy» sont à la fois craints, car ils sont des malfrats, et respectés par la population, parce qu’ils sont parfois une forme de police alternative, en empêchant, par exemple, les dealers de venir dans la ville de Charming. Mais le bel équilibre ne va pas tenir longtemps et la situation va dégénérer. Ce qui est également notable, c’est que la série met en scène des personnages très immoraux, mais qui sont sympathiques sur certains points. De plus, l’évolution des personnages au cours des sept saisons est inattendue, ce qui fait que le spectateur s’attache à des personnages auxquels, quelques saisons plus tard, il souhaitera la mort à petit feu.

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Un casting marquant et des dialogues au top

Le casting de la série est incroyable. Il y a un niveau de charisme sans précédent dans le choix des acteurs de «Sons of Anarchy». C’est un mélange d’acteurs et d’actrices avec de vraies gueules et de la bouteille (Katey Sagal, Ron Perlman, Tommy Flanagan) et d’acteurs plus jeunes, mais tout aussi convaincants, notamment Charlie Hunnam qui interprète Jackson Teller, le motard torturé à la gueule d’ange (un conseil, ne vous y fiez pas…). En plus, malgré le côté très sombre de la série, elle regorge de dialogues drôles et cyniques.

Une bande-son digne d’un road-trip

Si vous êtes un amateur de rock et de country, la bande-son de «Sons of Anarchy» est faite pour vous. Composée de créations originales de The White Buffalo, un musicien dont les compositions sentent le désert californien à plein nez, et de reprises de classiques du genre (Creedence Clearwater Revival, Billie Holiday, etc.), elle est à écouter en boucle.

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Cependant, il y a dans cette série deux points qui fâchent:

L’écriture simpliste des personnages féminins

L’environnement de «Sons of Anarchy» est très clivé en terme de genre. Le club fonctionne comme une meute de loups où chaque mâle a sa place dans la hiérarchie. Quant aux femelles, elles héritent de l’échelon de leur compagnon. L’organisation est quasi médiévale: les hommes à la guerre, les femmes à l’intendance. Ce n’est pas problématique en soit car c’est probablement l’exact reflet de l’organisation de ce genre de club. Le problème, c’est que les personnages féminins de la série sont écrits selon des registres très limités: elles sont soit des mères, soit des prostituées. De plus, les femmes qui s’éloignent de ce registre sont systématiquement «punies». Alors que les personnages masculins sont très divers et complexes, les femmes de la série doivent se contenter d’être coopératives ou chiantes ou folles. De plus, Tara, l’amour d’enfance de Jackson Teller, le seul vrai personnage positif auquel on devrait s’attacher, est écrit de manière foncièrement irritante.

Une violence sans limite et une complaisance envers la criminalité de certains personnages

La série est extrêmement violente, donc âmes sensibles s’abstenir. Mais, en plus, dans sa conclusion, il y a une sorte de complaisance envers le personnage principal, malgré la mort qu’il a semée derrière lui.

En résumé,  je ne peux que conseiller le visionnage de cette série qui est une sorte de «Soprano white trash», même si, malgré ses qualités, elle n’arrive pas au niveau de subtilité des «Soprano».

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