Soufi, mon amour / Elif Shafak

Amour et spiritualité sont au programme de ce roman solaire et plein d’espoir.

soufi.png

2

Ella Rubinstein est la parfaite femme au foyer américaine avec sa belle maison, son mari, ses enfants et son chien. Mais, à bientôt 40 ans, face aux infidélités de son mari, elle se demande si sa vie est vraiment ce qu’elle souhaite. Elle décide alors de reprendre une activité professionnelle comme lectrice pour un agent littéraire. Elle se voit confier le manuscrit d’Aziz Z. Zahara, un écrivain qui retrace la vie du poète Rûmi et du derviche Shams de Tabriz. Cette lecture va totalement bouleverser Ella qui va à nouveau se tourner vers la recherche de l’amour et du bonheur.

1

Si nous sommes la même personne avant et après avoir aimé, cela signifie que nous n’avons pas suffisamment aimé.

J’étais assez dubitative en commençant ce livre. Effectivement, les histoires tournées vers la spiritualité, une femme au foyer désabusée qui retrouve l’amour, c’est le genre de choses qui ne me parle vraiment pas. Mais, ce roman, malgré son pitch peu appétissant, est écrit par Elif Shafak, une auteure turque talentueuse, dont j’ai apprécié toutes les lectures. Alors, je me suis lancée…et j’ai aimé.

«Soufi, mon amour», c’est l’histoire de deux récits. Un récit contemporain qui raconte la vie d’Ella et d’une correspondance qui va changer sa vie et un récit qui se passe au 13ème siècle, dans l’actuelle Turquie, et qui retrace l’histoire de deux personnages fondamentaux de la spiritualité musulmane. Il s’agit de Djalâl ad-Dîn Rûmî, un poète d’origine iranienne et de Shams ed Dîn Tabrîzî, un derviche qui va initier Rûmi au mysticisme islamique et à la voie ascétique soufie.

Si vous êtes comme moi, ces courants religieux ne vous disent pas grand chose. La voie ascétique soufie que transmet Shams de Tabriz exige la pauvreté matérielle pour parvenir à la connaissance de soi et des mystères de la création. Le derviche propose également 40 règles de vie qui respirent l’amour, la tolérance et l’anti-conformisme.

Et c’est au travers de ces règles et du récit de l’auteur Aziz Z. Zahara qu’Ella va radicalement changer son mode de vie rempli de règles, d’apparence, de bienséance. Les deux histoires, bien qu’éloignées de 800 ans raconte la même quête d’un compagnon (amoureux ou amical) et d’authenticité.

«Soufi, mon amour» est un roman qui fait du bien. Un livre positif qui présente quelqu’un qui change de vie et qui décide de vivre dans le présent, tout en évitant de tomber dans la guimauve, car la vie d’Ella ne se transforme pas miraculeusement et sans difficulté. C’est aussi un roman qui révèle un aspect quasi inconnu de l’islam, beau et tolérant. Et comme d’habitude, Elif Shafak sait dépeindre comme personne les femmes, leurs préoccupations et leur place dans la société.

En résumé, un roman qui déborde de positivité et d’amour, sans pour autant tomber dans la facilité.

Elif Shafak, «Soufi, mon amour» (titre original: The Forty Rules of Love), chez Phébus et 10/18, 2010. 

 

 

 

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s