Et je danse, aussi / Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

Découverte d’un roman qui était parti pour être émouvant et divertissant, mais qui se révèle plutôt décevant.

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Pierre-Marie Sotto, romancier auréolé du Goncourt, est en panne d’écriture. Un jour, il reçoit par la poste une très épaisse enveloppe. Croyant à un manuscrit envoyé par une apprentie écrivaine, il contacte la personne et lui propose de lui renvoyer son bien, car il se refuse à faire le travail des éditeurs. Mais, l’échange d’emails avec Adeline Parmelan prend une tournure surprenante.

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Etant professionnellement plutôt chargée ces derniers temps, j’ai lu quelques romans plus légers…avec un succès mitigé. Effectivement, je ne trouve rien à dire de ces livres. En même temps, personne n’écrit de critique gastronomique sur le MacDo, car oui c’est l’effet que me font ces livres. Vite lus, vite oubliés, sans passer par la case digestion. Cependant, «Et je danse, aussi» semblait avoir une joli cote et j’ai trouvé quelque chose à en dire, mais ce n’est pas pour autant que j’ai été vraiment séduite.

Pourtant cela commençait bien. «Et je danse, aussi» est un roman épistolaire, une forme que j’affectionne, avec en plus une touche de mystère. L’histoire racontée par cet échange d’emails est bien construite. Le suspens est aussi appréciablement distillé, car Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat laissent parfois le lecteur dans le flou puisque les correspondants ne se disent pas tout de ce qu’ils comprennent et connaissent l’un de l’autre. Il se pourrait même que l’un des deux fabule un peu…

Malheureusement, cette histoire habile est desservie par une écriture indigeste. Ce n’est pas que le roman soit mal écrit, c’est même le contraire, car «Et je danse, aussi» contient nombre de moments poétiques, mais, dans le cadre d’un roman épistolaire, le style est lourdingue et peu adapté. Pierre-Marie Sotto et Adeline Parmelan se font des formules de politesse à n’en plus finir, passe leur temps à se complimenter et à se passer de la pommade. Ainsi, l’ensemble est d’un mielleux! C’est dommage, car on gaspille des pages et des pages pour ces courbettes insupportables, alors qu’avec ce scénario (et ce dénouement bien amené) on aurait eu des choses plus intéressantes à raconter sur ces deux personnages.

En résumé, un roman qui avait du potentiel, mais rendu indigeste par son écriture. A éviter, si vous êtes un-e allergique à l’excès de sucre en littérature. 

Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, «Et je danse, aussi», chez Fleuve Éditions et Pocket, 2015.

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