Lunar Park / Bret Easton Ellis

Découverte de l’écrivain Bret Easton Ellis, pas par son roman le plus connu, ni le plus sulfureux, mais le plus étrange.

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Bret Easton Ellis, enfant terrible de la littérature américaine, raconte son succès fulgurant, son arrogance et sa débauche à base de drogues et d’alcool, puis son assagissement en temps que père de famille de banlieue. Malheureusement, la tranquillité qu’il tente maladroitement d’atteindre est troublée par des événements d’abord étranges, puis menaçants.

 

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Après Delphine de Vigan, on reste dans la veine des écrivains qui utilisent leur vie comme principal matériel d’inspiration, mais en le tordant, le modifiant joyeusement pour confondre la lectrice ou le lecteur qui n’est plus très sûr-e de savoir à qui il a à faire. Mais la ressemblance s’arrête là. Dire que Bret Easton Ellis et Delphine de Vigan ne sont pas le même genre d’écrivain, c’est un euphémisme. Là où Delphine de Vigan s’interroge sur le travail littéraire, l’œuvre de Bret Easton Ellis est plus personnelle et plus déroutante.

Le début du roman nous entraîne dans ce qui semble être une autobiographie : succès éclatant de l’auteur, excès de toutes sortes et polémiques à n’en plus finir sur son roman «American Psycho». Il poursuit par la description de son apprentissage compliqué de la paternité et de son adaptation difficile à la vie monotone et bourgeoise d’une banlieue chic.

(Si vous souhaitez garder la surprise totale sur ce roman, arrêtez-vous ici et revenez plus tard!)

Et c’est le récit de cette période qui nous fait comprendre que Bret Easton Ellis nous mène en bateau et que le roman n’est pas autobiographique. Car aucune famille ne tolérerait que l’on écrive des choses pareilles sur elle. Effectivement, Bret Easton Ellis utilise en partie son roman pour dénoncer l’éducation des enfants issus des classes moyennes supérieures aux États-Unis en nous montrons des bambins que l’on essaye de transformer en petits génies à tous prix et que l’on bourre de médicaments dès que quelque chose ne va pas. On trouve également dans ce roman une réflexion sur la paternité, apparemment inspirée par la relation problématique de Bret Easton Ellis avec son propre père.

Mais, cerise sur le gâteau, l’auteur ne va pas manquer de donner un twist angoissant à «Lunar Park» tout en questionnant encore plus la réalité et la fiction. Car la charmante maison qu’il habite va être l’objet de phénomènes inquiétants. Alors, on se demande si ces phénomènes sont réels ? Sont-ils les effets secondaires de la consommation de psychotropes passée et présente de l’auteur ? Ou sont-ils plutôt les resurgissements des démons de l’enfance de Bret Easton Ellis? Et surtout, un personnage de roman peut-il devenir réel?

En résumé, «Lunar Park» est un roman déroutant, parfois inquiétant, parfois grotesque, mais il est surtout le récit déglingué et original d’une quête d’identité.

Bret Easton Ellis, «Lunar Park», chez Robert Laffont et Pocket, 2005.

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3 réflexions sur “Lunar Park / Bret Easton Ellis

    1. Je suis un peu embêtée pour te répondre car c’est le seul que j’ai lu. Je sais qu' »American Psycho » est très trash et qu’il faut avoir le cœur bien accroché, alors vaut mieux être prévenu!

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